L'UE a reconnu que le flux infini de TikTok pourrait enfreindre la loi

Par: Russell Thompson | aujourd'hui, 14:45

La Commission européenne est parvenue à une conclusion préliminaire selon laquelle le design de l'application TikTok pourrait enfreindre les exigences du Digital Services Act (DSA). Il s'agit du soi-disant « design addictif » - un ensemble de fonctionnalités qui incitent les utilisateurs à passer plus de temps sur l'application qu'ils ne l'avaient prévu.

Qu'est-ce qui est connu

Les régulateurs ont spécifiquement souligné le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications push et les algorithmes de recommandation personnalisés. Selon la Commission, TikTok n'a pas mis en place des mécanismes de protection suffisants pour réduire les risques pour le bien-être mental et physique des utilisateurs, y compris les mineurs.

Les documents d'enquête soulignent que la récompense constante avec de nouveaux contenus place les utilisateurs en mode de consommation automatique. Des études scientifiques citées par la Commission associent ces mécanismes à un comportement compulsif et à une diminution du contrôle de soi. Par ailleurs, TikTok, selon les régulateurs, a sous-estimé d'importants indicateurs d'utilisation problématique - par exemple, l'activité nocturne des adolescents et la fréquence de lancement de l'application.

Les outils de contrôle du temps existants et les paramètres parentaux ont été jugés insuffisamment efficaces par la Commission: ils sont faciles à désactiver, et la configuration nécessite des efforts supplémentaires de la part des parents. En conséquence, le régulateur indique explicitement que le service pourrait avoir besoin de modifier le design de base de l'application - y compris la limitation du flux infini, l'introduction de pauses réelles et l'ajustement des algorithmes de recommandation.

Pour l'instant, il ne s'agit que de conclusions préliminaires. TikTok a le droit de consulter les documents du dossier et de présenter ses objections. Cependant, si la position de la Commission est confirmée, l'entreprise risque une amende pouvant atteindre 6% du chiffre d'affaires annuel mondial. L'enquête se poursuit depuis février 2024 et a déjà abordé des questions de transparence publicitaire et d'accès des chercheurs aux données.

Source : EC