YouTube vs Netflix : Pourquoi Neal Mohan se sent intouchable
Neal Mohan (Neal Mohan), le patron de YouTube, semble dormir sur ses deux oreilles. Dans un entretien récent accordé à la série The Interview du New York Times — diffusée, ironie du sort, sur YouTube — il a affiché une sérénité presque agaçante face à l'appétit de Netflix. Alors que le géant du streaming tente de débaucher les créateurs les plus influents, Mohan joue la carte du gagnant magnanime, rappelant que si Netflix est une destination, YouTube reste le foyer.
Le « foyer » contre la destination de passage
La stratégie de Netflix est claire : signer des contrats d'exclusivité pour les versions vidéo de podcasts ultra-populaires comme « The Breakfast Club » ou « My Favorite Murder ». Pour beaucoup, c'est une menace directe. Pour Neal Mohan, c'est presque un compliment. Il estime que si ses concurrents piochent chez lui, c'est parce qu'ils reconnaissent que YouTube est le « centre de la culture ».
L'argument de Mohan est simple : les créateurs peuvent bien aller voir ailleurs pour un projet spécifique ou un gros chèque, ils ne quittent jamais vraiment leur base. Il affirme n'avoir jamais croisé de youtubeur ayant totalement retiré son contenu de la plateforme. Selon lui, lors des négociations avec d'autres services, les créateurs finissent toujours par imposer une condition : ne jamais abandonner leur communauté d'origine.
Je n'ai pas rencontré de youtubeurs qui ont complètement retiré leur contenu de YouTube. Ils comprennent que YouTube est leur maison.
— Neal Mohan
La conquête du salon et des chiffres vertigineux
Si Mohan est si détendu, c'est aussi parce que les chiffres parlent pour lui. YouTube n'est plus cet écran secondaire que l'on consulte sur un smartphone dans le métro. C'est devenu l'écran principal. Selon les dernières données de Nielsen, YouTube est désormais le premier distributeur de contenu télévisuel aux États-Unis, capturant environ 12.5% de l'audience totale, devant Netflix et Disney.
Financièrement, la machine est tout aussi impressionnante. En 2025, les revenus annuels de la plateforme ont franchi la barre des 60 milliards $ (~57 milliards €). Plus frappant encore : YouTube a reversé plus de 100 milliards $ (~95 milliards €) aux créateurs, artistes et entreprises de médias au cours des quatre dernières années. Cette manne financière crée une dépendance structurelle que Netflix, avec son modèle de paiement à l'acte ou de licences fermées, a bien du mal à concurrencer.
L'ironie comme arme de communication
Même face aux piques de l'animateur Conan O'Brien (Conan O'Brien), qui s'est moqué de YouTube lors de la cérémonie des Oscars, Mohan reste imperturbable. Il se contente de noter que Conan est « très drôle » et que sa chaîne « Team Coco se porte très bien sur YouTube ». C'est la réponse classique du propriétaire qui observe, avec un sourire en coin, ses locataires s'amuser dans le jardin.
Au-delà de la bataille pour l'attention, YouTube doit aussi jongler avec des pressions réglementaires croissantes. Tandis que la plateforme consolide son empire culturel, certains pays durcissent le ton sur la modération. C'est notamment le cas en Inde, qui impose désormais des délais de trois heures pour supprimer les deepfakes. Une preuve que même quand on se sent chez soi partout, il faut quand même respecter les règles du voisinage.