Boeing 787 : les avions sont prêts, mais moteurs et sièges bloquent tout

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 10:04

Boeing a livré seulement 15 Boeing 787 Dreamliner au premier trimestre 2026, contre 13 sur la même période en 2025. Une légère progression, mais très loin des objectifs annoncés : le constructeur américain vise 90 à 100 livraisons sur l'ensemble de l'année. Le PDG Kelly Ortberg a reconnu publiquement que des appareils entièrement assemblés restent au sol, faute de moteurs disponibles ou de sièges certifiés par la FAA.

Les goulots d'étranglement

Le programme 787 offre aux compagnies aériennes le choix entre deux motoristes : General Electric et Rolls-Royce. Les deux font face à une demande record depuis la reprise post-pandémique, ce qui génère des retards en cascade. GE détient environ 78 % des commandes de moteurs pour le 787 — une position dominante que Rolls-Royce tente de rogner après des années de déboires avec son Trent 1000. En mars 2026, Rolls-Royce a décroché sa première commande 787 en 34 mois, selon Bloomberg.

Mais c'est la certification des sièges qui paraît la plus surprenante. Les fauteuils de première et de classe affaires modernes sont de véritables systèmes électroniques embarqués, soumis à une procédure d'homologation distincte. La FAA doit valider chaque configuration de cabine séparément — et la file d'attente est longue. Lufthansa, par exemple, a confirmé avoir au moins 15 appareils bloqués chez Boeing dans l'attente de la certification de ses sièges Allegris, rapporte Aviation A2Z. Air India est dans une situation similaire, avec 18 sièges économie condamnés sur certains de ses 787-9, selon Aerospace Global News.

Ce que ça change pour les passagers

Pour les voyageurs, les conséquences sont concrètes : des routes longue distance retardées, des cabines dégradées ou partiellement inaccessibles sur des appareils pourtant neufs. Air France-KLM, dont les premières livraisons de 787 sont prévues pour 2027-2028, observe la situation de près. Si la FAA ne dégage pas son arriéré de certifications, les mêmes blocages risquent de se répéter.

La suite

Boeing produit actuellement 8 appareils par mois et vise 10 d'ici fin 2026. Le carnet de commandes dépasse 1 100 unités — de quoi occuper le constructeur pendant des années. Mais tant que les fournisseurs de moteurs et de sièges ne tiennent pas leurs délais, des Dreamliner flambant neufs continueront d'attendre sur les tarmacs, les portes fermées. Ortberg a évoqué l'image d'un « cochon dans un python » pour décrire le rattrapage progressif des livraisons — une métaphore qui résume bien la lenteur du déblocage, note FlightGlobal.