BYD : le géant chinois perd 55 % de ses profits face à la guerre des prix

Par: Michael Korgs | hier, 12:39

Le constructeur chinois BYD a publié ses résultats du premier trimestre 2026 : le bénéfice net a chuté de 55,4 % sur un an, à 4,09 milliards de yuans (environ 565 millions d'euros). Le chiffre d'affaires a reculé de 11,8 % à 150,2 milliards de yuans, troisième baisse trimestrielle consécutive. C'est le résultat le plus faible depuis début 2023 — et cela survient au moment même où BYD intensifie sa présence sur le marché européen.

La guerre des prix en Chine

La principale explication tient à la guerre des prix qui s'est emballée sur le marché intérieur chinois. BYD, qui a bâti sa réputation sur des véhicules électriques accessibles, grignote ses propres marges pour rester compétitif. Un autre facteur aggrave la situation : en 2026, l'avantage fiscal à l'achat a été plafonné à 15 000 yuans par véhicule, contre une exonération totale les années précédentes. Ce changement a poussé les acheteurs à se précipiter fin 2025, vidant la demande du premier trimestre. Résultat : seulement 700 463 véhicules électrifiés vendus sur la période, soit une baisse de 30 % par rapport à l'an dernier, selon AutoWorld. Le flux de trésorerie opérationnel a, lui, plongé de 67 % sur un an.

Ce que ça change pour la France

Face à la saturation du marché domestique, BYD mise sur l'export. La marque vise 1,5 million d'unités expédiées hors de Chine en 2026, et l'Europe est au cœur de cette stratégie. Sur les deux premiers mois de 2026, les immatriculations BYD en Europe ont plus que doublé à 29 291 unités, dépassant Tesla pour la première fois.

En France, le Dolphin Surf est disponible dès 19 990 €, produit dans l'usine hongroise de Szeged — ce qui le rend éligible au bonus écologique français, selon Electra. Le SUV Tang est proposé à partir de 72 000 €. Le nouveau grand SUV Datang, présenté au Salon de Pékin avec plus de 30 000 précommandes en 24 heures à partir de 250 000 yuans en Chine, n'a pas encore de date de lancement officielle en Europe.

Renault et Stellantis (Peugeot, Citroën) font face à une pression directe sur les prix. BYD avance également un argument technologique : sa recharge ultra-rapide promet 400 km d'autonomie en cinq minutes, un chiffre que les constructeurs européens peinent encore à atteindre.

Et maintenant ?

Les prochains trimestres seront déterminants. BYD doit prouver que sa montée en gamme — illustrée par le Datang à positionnement premium — peut compenser l'érosion des marges en Chine. En attendant, pour les acheteurs français, les modèles disponibles aujourd'hui restent parmi les offres électriques les plus accessibles du marché.