Ask.com ferme définitivement : la fin d'un pionnier de la recherche en ligne
Ask.com a cessé toute activité le 1er mai 2026, mettant fin à 25 ans de présence sur le web. Son propriétaire, InterActiveCorp (IAC), a confirmé la fermeture dans un communiqué publié sur le site, précisant que la société avait décidé d'« abandonner son activité de recherche, qui inclut Ask.com ». En France comme ailleurs, la nouvelle marque la disparition d'un des derniers vestiges de l'ère pré-Google.
Les origines
Ask Jeeves a été lancé en 1997 avec une idée simple mais novatrice : permettre aux internautes de poser des questions en langage naturel plutôt que de saisir des mots-clés. À l'époque, c'était une véritable rupture. La mascotte du site — Jeeves, un majordome britannique — est devenue un symbole de cette promesse : un assistant capable de comprendre ce que vous voulez vraiment dire.
En 2005, IAC a racheté Ask Jeeves pour 1,85 milliard de dollars. L'année suivante, le service a été rebaptisé Ask.com et Jeeves a été mis à la retraite. Incapable de rivaliser avec Google sur le terrain de la recherche classique, la plateforme s'est repositionnée vers un modèle de questions-réponses communautaires dès 2010 — sans jamais retrouver son élan initial.
Ce que ça dit du marché
En France, Ask.com n'a jamais pesé lourd face à Google, qui concentre aujourd'hui plus de 90 % des recherches. Pourtant, la fermeture du service illustre une tendance de fond : les moteurs de recherche indépendants disparaissent les uns après les autres, comme AltaVista avant lui.
L'ironie de l'histoire, c'est que la vision originale d'Ask Jeeves — la recherche en langage naturel et conversationnel — est exactement ce que ChatGPT, Claude et consorts ont fini par imposer au grand public. Ask avait inventé le concept, mais n'a pas survécu pour en voir le triomphe, selon TechCrunch.
Des alternatives comme Qwant, fondé en France, ou DuckDuckGo ont su se différencier sur la protection de la vie privée. Ask n'a jamais réussi ce pivot. Sa fermeture rappelle qu'un marché dominé par quelques acteurs hyperscale — Google, Microsoft Bing et désormais les assistants IA génératifs — laisse peu de place aux challengers sans une proposition clairement différenciée.
Le message d'adieu sur Ask.com se termine avec une note nostalgique : « L'esprit de Jeeves continue de vivre. » Difficile de ne pas y voir un aveu tardif que l'idée, elle, avait toujours été bonne.