Starlink dépasse 132 Mbps : l'internet satellite rivalise enfin avec le câble

Par: Michael Korgs | 07.05.2026, 09:40

Starlink a atteint une vitesse médiane de téléchargement de 132 Mbps aux États-Unis au quatrième trimestre 2025, selon les mesures Ookla Speedtest. C'est le double de ce que le service affichait fin 2024 (64 Mbps), et une progression nette par rapport aux 100 Mbps enregistrés début 2025. Pour les abonnés qui vivent loin d'une fibre optique, cette trajectoire change concrètement les usages quotidiens.

La montée en puissance

La progression ne se limite pas aux chiffres de pointe. Près de 45 % des abonnés Starlink ont obtenu des débits conformes au seuil minimal fixé par le régulateur américain — soit 100 Mbps en téléchargement et 20 Mbps en upload — contre seulement 17 % en début d'année. SpaceX a réalisé plus de 120 lancements Falcon 9 en 2025, portant la constellation à près de 10 000 satellites actifs en orbite basse. Chaque satellite supplémentaire réduit la charge par appareil et compresse la latence, rendant le service utilisable même pour les jeux en ligne.


La constellation Starlink compte désormais près de 10 000 satellites en orbite basse.

Un régulateur pris à contre-pied

En décembre 2023, la FCC (Commission fédérale des communications américaine) avait refusé à Starlink une subvention de 886 millions de dollars destinée au déploiement en zones rurales, au motif que le service ne garantissait pas des débits stables au-dessus de 100 Mbps. Ce constat était alors exact. Mais la décision ressemble aujourd'hui à un mauvais calcul : SpaceX a accéléré son déploiement sans aide publique, et les opérateurs câblés américains commencent à signaler une perte d'abonnés ruraux face à la concurrence de Starlink, selon Broadband Breakfast.

Et en France ?

En France, Starlink reste accessible principalement via des revendeurs indépendants, sans partenariat annoncé avec Orange, Bouygues ou Free. Aucune offre grand public n'est référencée chez Fnac, Boulanger ou Amazon.fr. Le coût de l'antenne dépasse 300 euros, et l'abonnement mensuel avoisine 50 euros — sans données de performance locales comparables à celles publiées aux États-Unis. La CNIL et l'ARCEP suivent l'expansion des opérateurs satellites en Europe, et les règles issues du règlement spatial européen ainsi que du DMA pourraient encadrer davantage l'accès au marché.

Le projet Direct to Cell — qui permet d'envoyer des SMS et d'accéder à internet depuis un smartphone ordinaire sans réseau terrestre — a été lancé avec T-Mobile aux États-Unis en juillet 2025. En France, aucun opérateur n'a encore annoncé de partenariat équivalent. SpaceX prévoit par ailleurs d'utiliser la future fusée Starship pour lancer des satellites plus puissants, avec pour objectif des débits d'un gigabit par seconde. Si la cadence de déploiement reste la même, l'écart entre zones couvertes et zones blanches pourrait se refermer plus vite que ne l'anticipent les opérateurs traditionnels.