OVNI : les États-Unis publient 162 fichiers déclassifiés, l'Europe absente du processus

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 17:29

Le gouvernement américain a mis en ligne 162 fichiers déclassifiés sur les phénomènes aériens anormaux non identifiés (UAP), ce que l'on appelait autrefois les OVNI. La publication, disponible sur un nouveau portail officiel du Pentagone, inclut 120 PDF, 28 vidéos et 14 images issues du FBI, de la NASA et du département de la Défense. C'est la première salve d'une série de publications annoncée sur plusieurs semaines.

L'origine de la démarche

Tout part d'un message posté par Donald Trump sur Truth Social en février 2026 : le président a ordonné aux agences fédérales de déclassifier tout ce qui touche aux UAP. Le résultat est hébergé sur le portail PURSUE Official Portal, acronyme de « Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters », et coordonné par l'AARO — l'All-domain Anomaly Resolution Office, un bureau interagences créé par le Congrès en 2022.

Les documents portent essentiellement sur des cas dits « non résolus » : des épisodes pour lesquels les militaires et scientifiques américains n'ont pas pu établir de conclusion définitive sur la nature de l'objet observé. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a salué une « transparence sans précédent », affirmant que les Américains ont le droit de consulter ces archives. Les sceptiques, eux, notent que le Congrès réclame encore 46 vidéos supplémentaires que le Pentagone n'a pas publiées.

La France et l'Europe, spectatrices

Ce qui frappe pour un lecteur européen, c'est l'absence totale de partenaires internationaux dans le dispositif PURSUE. Aucune agence européenne — ni le CNES, ni l'ESA — n'est citée dans la coordination, selon NBC News. Les données américaines sur les UAP ne semblent pas avoir été partagées de façon bilatérale avec Paris avant la publication.

La France dispose pourtant d'une longue tradition d'indépendance spatiale — avec Ariane et le programme Galileo — et le CNES mène depuis des décennies ses propres travaux sur les phénomènes aérospatiaux non expliqués via le GEIPAN. Rien de tout cela n'interfère avec le processus américain, qui reste entièrement national.

Du côté scientifique, Scientific American rappelle que la déclassification prend habituellement des mois, voire des années, et que des experts en recherche de signaux extraterrestres (SETI) n'anticipent « aucune révélation majeure ». Le calendrier de la publication — qui coïncide avec des tensions diplomatiques sur d'autres dossiers — n'a pas manqué d'alimenter les doutes sur les motivations réelles de la démarche.

Ce que ça change concrètement

Pour l'instant, les fichiers sont accessibles librement en ligne. On n'y trouve pas de preuve concluante d'une origine extraterrestre, mais des témoignages, des relevés radar et des photographies des missions Apollo 12 et 17 qui restaient jusqu'ici sous scellés. Le Pentagone promet de nouvelles publications toutes les quelques semaines. En attendant, la France et ses partenaires européens restent en dehors de la boucle — simples observateurs d'une démarche de transparence qui ne leur est pas destinée.