SK Hynix frôle les 1 000 milliards de dollars : comment l'IA a transformé un fabricant de mémoire en machine à cash

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 13:42

SK Hynix approche des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, un seuil que seules quelques entreprises technologiques américaines ont franchi jusqu'ici. Valorisée à moins de 100 milliards il y a seize mois à peine, la société sud-coréenne a vu son titre bondir de 274 % en 2025, puis de plus de 200 % depuis janvier 2026, selon Reuters. La cause : une explosion de la demande en mémoire HBM (High Bandwidth Memory), le composant indispensable à tout système d'intelligence artificielle sérieux.

Le HBM, nerf de la guerre de l'IA

La mémoire HBM n'est pas une simple barrette RAM. C'est le type de puce qui permet aux processeurs graphiques de NVIDIA de traiter des quantités massives de données en temps réel — sans elle, l'entraînement des grands modèles de langage deviendrait interminable. SK Hynix contrôle entre 50 et 62 % du marché mondial du HBM, et NVIDIA absorbe environ 90 % de sa production, selon SK Hynix Newsroom. Au premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires de la société a atteint 35,5 milliards de dollars, en hausse de 198 % sur un an, avec une marge opérationnelle de 72 %.

Cette domination a un revers : la pénurie. Le PDG de SK Hynix a prévenu que l'offre de HBM resterait insuffisante jusqu'en 2027, voire au-delà. Des clients importants ont même proposé de financer la construction de nouvelles usines pour SK Hynix — offre que la société a déclinée, préférant conserver son pouvoir de fixation des prix, comme le documente TradingKey.

Ce que ça change pour la France

Pour les acteurs français du cloud et de l'IA, la situation se resserre. Des entreprises comme OVHcloud ou Mistral AI dépendent de puces NVIDIA qui elles-mêmes intègrent de la mémoire SK Hynix. Les prix du HBM ont augmenté d'environ 20 % en 2026, et les délais s'allongent. Construire de nouvelles usines prend quatre à cinq ans selon DigiTimes — la fenêtre pour réduire cette dépendance se referme.

Samsung Electronics, l'autre géant coréen, a franchi le cap du billion en début de mois. Si SK Hynix y parvient à son tour, la Corée du Sud deviendrait le premier pays hors États-Unis à abriter deux entreprises technologiques à cette valorisation. Un signal fort sur qui contrôle, aujourd'hui, les fondations matérielles de l'IA mondiale.