Apple confie ses puces iPhone à Intel : ce que ça change vraiment
Apple ne mise plus uniquement sur TSMC pour produire ses puces. Selon l'analyste Ming-Chi Kuo, un accord préliminaire a été conclu avec Intel Foundry après plus d'un an de négociations : les tests débuteront en 2026, et la production à grande échelle est prévue pour 2027. Ce n'est pas une révolution — TSMC conservera plus de 90 % des commandes d'Apple — mais c'est un signal clair que la dépendance à un seul fabricant devient risquée.
Que fabrique Intel pour Apple ?
Environ 80 % des commandes confiées à Intel portent sur la puce A21, destinée aux iPhone d'entrée de gamme — probablement les futures générations d'iPhone SE ou les modèles vendus sur les marchés émergents. Le reste concerne la puce M7 pour iPad et MacBook, ainsi que des composants spécialisés. Aucune puce haut de gamme ne passe chez Intel pour l'instant : les séries A Pro et M Ultra restent l'affaire de TSMC.
Intel vise un taux de rendement de 50 à 60 % sur son procédé 18A-P en 2027 — un objectif modeste comparé aux standards de TSMC, mais crédible pour un fondeur en phase de montée en puissance, selon EE Times (May 2026). Apple étudie également d'autres procédés avancés d'Intel, ce qui laisse entrevoir un partenariat plus profond à l'horizon.
Pourquoi maintenant ?
La réponse tient en deux mots : intelligence artificielle. Les lignes de fabrication de TSMC sont saturées par les commandes de puces IA — Nvidia en tête — qui absorbent une part croissante des capacités avancées du fondeur taïwanais. Apple se retrouve en concurrence directe avec des hyperscalers prêts à payer très cher pour être prioritaires. Diversifier ses fournisseurs lui redonne du poids dans les négociations tarifaires avec TSMC.
L'administration américaine a activement encouragé cet accord dans le cadre du CHIPS Act, qui vise à reconstruire une filière semiconducteurs indépendante aux États-Unis, rappelle CNBC (May 8, 2026). Intel, qui bénéficie de financements publics dans ce contexte, a tout intérêt à réussir ce contrat : un échec sur les délais ou les rendements crédibiliserait ceux qui doutent de la viabilité d'Intel Foundry face à TSMC et Samsung.
Un test grandeur nature
Pour Apple, l'enjeu immédiat est limité : même si Intel rate ses objectifs en 2027, TSMC reste le pilier de sa production. Mais pour l'industrie, ce contrat est un test grandeur nature. Si Intel tient ses promesses, on pourra parler d'une véritable alternative au duopole TSMC-Samsung sur les nœuds avancés. Dans le cas contraire, la dépendance à Taïwan — que ce soit pour les smartphones ou les serveurs IA — n'aura fait que se consolider.