Snap et YouTube règlent à l'amiable un procès sur la dépendance aux réseaux sociaux
Snap et YouTube ont conclu un accord amiable avec un district scolaire du Kentucky qui les accusait de concevoir leurs applications pour rendre les élèves dépendants. Le procès devait s'ouvrir en juin 2026 à Oakland, en Californie. Cet accord intervient dans un contexte judiciaire et réglementaire de plus en plus hostile aux grandes plateformes, tant aux États-Unis qu'en Europe.
Le procès
Le district scolaire de Breathitt County (Kentucky) reprochait aux plateformes d'avoir délibérément intégré des mécanismes — défilement infini, lecture automatique, notifications répétées — pour maintenir les utilisateurs, y compris les mineurs, le plus longtemps possible connectés. Meta et TikTok restent défendeurs dans cette affaire et feront face au jury à partir du 12 juin, selon Bloomberg.
YouTube a indiqué avoir résolu le dossier « à l'amiable » et s'être engagée à renforcer ses protections liées à l'âge. Snap a également confirmé l'accord sans en préciser les termes financiers. Les deux entreprises restent toutefois impliquées dans d'autres procédures similaires, notamment intentées par les districts scolaires de New York et de Seattle.
Les précédents qui pèsent
Ce règlement s'inscrit dans une série de décisions défavorables aux plateformes. En mars 2026, un jury de Los Angeles a condamné Meta et YouTube à verser 6 millions de dollars pour conception addictive délibérée — les jurés ayant estimé que les dirigeants connaissaient les risques pour les utilisateurs, rapporte NPR. Le même mois, Meta a été condamnée au Nouveau-Mexique à payer 375 millions de dollars pour avoir trompé les consommateurs sur la sécurité de ses plateformes.
Plus de 2 500 affaires similaires sont en attente devant les tribunaux fédéraux américains, auxquelles s'ajoutent plus de 800 districts scolaires requérants. Snap et YouTube ont préféré payer — pour un montant non divulgué — plutôt que de prendre le risque d'un verdict de jury.
La réponse européenne
En Europe, la pression monte en parallèle. En février 2026, la Commission européenne a établi que TikTok enfreignait le règlement sur les services numériques (DSA) précisément à cause de ces fonctionnalités de conception addictive. C'est la première fois que le DSA est appliqué à des choix de design plutôt qu'à des contenus illicites, note MediaNama.
La Commission prépare désormais un « Digital Fairness Act » attendu fin 2026, qui interdirait les fonctionnalités addictives et imposerait une vérification d'âge sur les plateformes. En France, la CNIL prépare ses propres directives nationales, et un débat parlementaire sur un âge minimum à 16 ans est attendu à l'été 2026. Pour les familles et les enseignants, les condamnations américaines fournissent désormais une preuve concrète de ce que les associations de parents réclament depuis des années.