Micron lance un module DDR5 de 256 Go pour serveurs IA : plus rapide, deux fois moins gourmand

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 06:51

Micron a annoncé le 12 mai 2026 la mise en échantillonnage de son nouveau module serveur DDR5 RDIMM de 256 Go, une capacité inédite sur un seul barrette. Cadencé à 9 200 MT/s, il dépasse de plus de 40 % les modules à 6 400 MT/s actuellement en volume sur le marché. Pour les datacenters qui alimentent des modèles d'intelligence artificielle, c'est le type d'amélioration qui peut peser lourd sur les coûts d'exploitation.

La technique

Le module repose sur le procédé 1-gamma de Micron, une génération de fabrication DRAM à très haute densité. Pour atteindre 256 Go dans un format standard, les ingénieurs ont eu recours à l'empilement 3D (3DS) combiné à des interconnexions verticales traversantes, les TSV (Through-Silicon Vias). Cette architecture permet de chaîner plusieurs puces sans perdre en vitesse ni en latence.

L'avantage le plus concret est énergétique : remplacer deux modules de 128 Go par un seul de 256 Go fait passer la consommation de 19,4 W à 11,1 W, soit une réduction de plus de 40 %, selon le communiqué officiel Micron. Dans une salle de serveurs comptant des milliers de barrettes, les watts économisés se transforment rapidement en dizaines de milliers d'euros de facture électrique en moins — sans compter le refroidissement.

La situation en France

Pour l'instant, ce module n'est distribué qu'à des partenaires de l'écosystème dans le cadre de la phase d'échantillonnage. Aucune disponibilité n'a été annoncée sur Amazon.fr, Fnac ou Boulanger, et le site Micron EMEA ne mentionne ni date de lancement ni référence régionale.

Le prix est estimé à plus de 1 800 € par module, selon TechGenyz. À ce tarif, seuls les opérateurs cloud de premier rang peuvent justifier l'investissement à court terme. OVHcloud, qui subit une forte pression sur ses infrastructures d'IA, ou des acteurs comme Mistral AI et Hugging Face devront passer par des accords de distribution directe avec Micron pour espérer en bénéficier rapidement. Les startups IA françaises plus modestes, elles, restent dépendantes des mêmes infrastructures cloud que leurs concurrents américains ou asiatiques, sans avantage particulier à l'horizon.

La suite

Micron travaille à la validation de compatibilité avec les plateformes serveur actuelles et de prochaine génération, notamment celles équipées de processeurs Intel et AMD. Les premiers clients en volume seront vraisemblablement les grands hyperscalers américains — Meta, Google, AWS. La question du calendrier de production en série reste ouverte, et avec elle, celle de l'accès des acteurs européens à ces modules dans des délais compétitifs.