Une batterie à la gélatine qui se composte : les chercheurs britanniques génèrent de l'électricité depuis l'air ambiant
Des chercheurs britanniques ont mis au point un générateur d'électricité entièrement biodégradable, fabriqué à partir de gélatine alimentaire, de sel de table et de charbon actif. Baptisé MEG (Moisture-Electric Generator), l'appareil capte l'humidité ambiante pour produire du courant — sans pile, sans prise, sans déchet toxique. L'étude a été publiée dans la revue Nano Energy en mai 2026, par des équipes de Queen Mary University London, de l'université de Warwick et d'Imperial College London.
Le principe
Lorsque le mélange gélatine-sel sèche, il forme une structure à trois couches. Au contact de l'humidité, les ions se mettent à circuler à l'intérieur de ce « sandwich », créant une différence de potentiel. Un seul module délivre environ 1 volt de façon stable pendant plus de 30 jours. En associant 100 modules en série, l'équipe a atteint 90 volts sous 5,08 mA — suffisant pour alimenter une guirlande de 40 LED, comme le confirme TechXplore (May 2026). Après usage, l'appareil se dissout dans l'eau ou se décompose en quelques semaines dans le sol, sans laisser de microplastiques ni de composés toxiques.
Au-delà de la source d'énergie
Le MEG se révèle aussi un capteur d'humidité très sensible. Sa réponse électrique varie instantanément selon les variations d'humidité, ce qui ouvre des perspectives pour des capteurs médicaux portables — surveillance de la respiration, reconnaissance de la parole à partir des flux d'air expirés. Selon Interesting Engineering (May 2026), des applications agricoles et environnementales sont également envisagées, notamment dans des milieux humides où le remplacement fréquent des batteries est contraignant.
Ce qu'il reste à prouver
Aucun calendrier commercial n'a été annoncé, ni pour la France ni pour le reste de l'Europe. Aucun partenaire industriel n'a été associé à la recherche. Les coûts de fabrication par rapport à une pile Duracell ou Varta restent inconnus, tout comme la fiabilité de l'appareil dans des conditions d'humidité variables. Le MEG reste pour l'instant un démonstrateur de laboratoire convaincant — pas encore un produit qu'on trouvera chez Fnac ou sur Amazon.fr. Mais dans un contexte où la réglementation européenne (directive WEEE) pousse à réduire les déchets électroniques, ce type de technologie sans métaux rares ni plastique mérite d'être suivi de près.