LG pourrait abandonner les TV : pourquoi le géant coréen regarde vers la Chine
LG Electronics envisagerait de céder sa division téléviseurs à un partenaire chinois, selon des sources proches du dossier. La part de marché mondiale de la marque coréenne est tombée à 9,8 % au quatrième trimestre 2025, contre plus de 13 % deux ans plus tôt, selon les données Omdia relayées par Yicai. Pour les consommateurs français, cela signifie que les OLED LG qu'on trouve chez Fnac ou Boulanger pourraient bientôt être fabriquées sous pavillon chinois.
La pression chinoise
TCL et Hisense ont cumulé 30,2 % des livraisons mondiales de TV au quatrième trimestre 2025 — dépassant pour la première fois la combinaison Samsung + LG (26,2 %). Ce basculement n'est pas qu'une affaire de prix bas : les deux groupes chinois montent en gamme sur les grandes diagonales (85 pouces et plus), un segment où LG cherchait à tenir sa position. Parallèlement, LG Display a abandonné la production de dalles LCD pour téléviseurs, forçant LG Electronics à s'approvisionner chez des fournisseurs tiers — souvent ces mêmes concurrents chinois. La marge opérationnelle de la division TV oscille entre 1 et 2 %, et les derniers trimestres ont affiché des pertes.
Le modèle Sony comme référence
Des dirigeants de LG auraient rencontré des représentants de Hisense à Pékin pour des discussions qualifiées officiellement de « partenariat ». Le scénario envisagé ressemble à ce que Sony vient de mettre en place : la coentreprise Bravia Inc., finalisée en mars 2026, confie 51 % du capital à TCL, Sony conservant 49 % et la propriété de la marque, avec un démarrage des opérations en avril 2027, selon FlatpanelsHD. LG garderait son nom sur les écrans, mais déléguerait la fabrication. En échange, la marque coréenne pourrait concentrer ses ressources sur les composants pour véhicules électriques et les affichages B2B, deux marchés bien plus rentables.
Ce que ça change en France
Sur le marché français, Fnac et Boulanger cartographient déjà TCL et Hisense sur les très grands écrans. Un accord LG-Hisense pousserait probablement l'interface TCL — plutôt que webOS — sur les futurs modèles, ce qui intéressera les labs de test comme 01net ou Les Numériques au moment d'évaluer la qualité du traitement d'image. Par ailleurs, le litige texan contre TCL portant sur la collecte de données de visionnage nourrit un débat qui résonne avec les exigences de la CNIL : si LG cède le contrôle opérationnel, la question de la confidentialité des données des téléviseurs connectés vendus en France se reposera entièrement. Pour l'instant, Korea Herald confirme la pression financière sur LG sans qu'une annonce officielle ait été faite. Le dossier reste ouvert.