Temu condamné à 200 millions d'euros d'amende par l'UE pour produits dangereux

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 16:18

La Commission européenne a infligé une amende de 200 millions d'euros à Temu pour violation du règlement sur les services numériques (DSA). C'est la sanction la plus élevée jamais prononcée au titre de ce texte, dépassant les 120 millions d'euros imposés à X (ex-Twitter) en décembre 2025. Pour les consommateurs français — 12 millions d'utilisateurs mensuels, deuxième marché européen de la plateforme après l'Allemagne — cette décision valide des inquiétudes exprimées depuis longtemps.

Ce que l'enquête a révélé

L'affaire a débuté par des achats mystère effectués anonymement sur la plateforme. Les enquêteurs ont trouvé des chargeurs ne satisfaisant pas aux tests de sécurité de base, ainsi que des jouets pour enfants contenant des substances chimiques potentiellement dangereuses ou des petites pièces présentant un risque d'étouffement. La Commission a également reproché à Temu de s'appuyer sur des données sectorielles génériques pour évaluer les risques, sans analyse spécifique à sa propre plateforme — une approche jugée insuffisante au regard du DSA.

L'amende est d'autant plus significative que la France avait déjà agi en amont. Dès 2024, les autorités françaises avaient lancé des procédures contre Temu pour publicités trompeuses, produits non conformes et politique de retour opaque, selon une enquête sur les restrictions nationales contre Temu. La France est aussi le deuxième pays de l'UE par nombre de demandes d'application du droit déposées contre la plateforme, avec 17 signalements sur les 89 recensés au total en Europe, d'après RetailDetail.

La suite pour les acheteurs en France

Temu a jusqu'au 28 août 2026 pour soumettre un plan d'action correctif à la Commission. Si les mesures sont jugées insuffisantes, de nouvelles sanctions sont possibles. Des enquêtes complémentaires sont déjà ouvertes sur la conception potentiellement addictive de l'interface, la transparence des algorithmes de recommandation et l'accès des chercheurs aux données de la plateforme, confirme l'annonce officielle de la Commission européenne.

De son côté, Temu conteste le montant de la sanction, estimant qu'elle ne reflète pas l'état actuel de ses systèmes de contrôle qualité. La plateforme précise que la décision porte sur son fonctionnement en 2024.

Ce que ça change concrètement

Pour les consommateurs, cette décision signifie que les produits vendus sur Temu devront faire l'objet d'un contrôle de risque plus rigoureux avant d'apparaître dans les résultats de recherche. En attendant, la prudence reste de mise pour les achats d'électronique bas de gamme et les jouets destinés aux enfants, catégories directement visées par l'enquête. En France, les cadres de la CNIL et de l'ARCEP sont déjà prêts à s'engager sur les volets transparence et traitement des données lors de l'examen du plan d'action.