AirForestry réussit la première récolte autonome de bois par drone en forêt

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 16:49

Un drone suédois vient de réaliser, pour la première fois au monde, la coupe complète d'un arbre en forêt de production — sans engin au sol, sans conducteur, sans intervention humaine. La startup AirForestry a démontré qu'un système entièrement autonome peut abattre, ébrancher et transporter un arbre jusqu'à une route forestière. C'est une rupture directe avec les harvesterss de 20 tonnes qui endommagent aujourd'hui plus de 20 % du sol forestier lors des coupes d'éclaircie.

Le système

Le drone affiche 6,2 mètres d'envergure pour une charge utile de 200 kg. Il saisit l'arbre par le haut, émonde les branches en descendant, scie le tronc au niveau du sol puis l'emporte jusqu'à la piste. La machine fonctionne par -20 °C, sous la pluie, la neige et des rafales allant jusqu'à 13 m/s. La propulsion est entièrement électrique : zéro émission sur la parcelle.

La configuration cible est une flotte de six drones sur un même chantier. Selon Dronewatch Europe, le coût du système avoisine 450 000 €, soit un niveau comparable aux harvesterss conventionnels, mais AirForestry revendique un rendement en bois supérieur de 8 % sur l'ensemble du cycle de récolte grâce à la préservation des sols.

Financement et déploiement

AirForestry développe ce système depuis 2020. En octobre 2024, la startup a bouclé un tour de table de 10,3 M€ mené par Northzone — le fonds qui a financé Spotify et Klarna — avec la participation de Sveaskog, le plus grand propriétaire forestier d'Europe, selon Silicon Canals. L'Agence suédoise de l'énergie a contribué 1,7 M€ sous forme de subvention.

En janvier 2026, AirForestry a débuté des essais en Norvège avec l'entreprise publique Statskog, gestionnaire d'un cinquième des forêts norvégiennes. Ces tests se déroulent sur des terrains montagneux proches de Trondheim, plus accidentés que les conditions plates de Suède, comme le confirme le communiqué AirForestry–Statskog. Les résultats n'ont pas encore été publiés.

Et en France ?

Les forêts françaises sont sous pression : sécheresses à répétition, attaques de parasites, sols fragilisés. Des drones capables de remplacer les engins lourds pourraient limiter la dégradation des sols en forêt de montagne ou sur les zones humides. La technologie s'inscrit dans les objectifs de biodiversité portés au niveau européen.

Pour l'instant, aucune disponibilité n'est annoncée en France. Le déploiement reste centré sur la Scandinavie, et aucun calendrier d'entrée sur le marché français ou méditerranéen n'a été communiqué. Le tarif exact à la prestation n'est pas encore divulgué — les 450 000 € correspondent au coût du système complet, pas à un modèle de location ou de service.