PLD Space investit 35 millions d'euros à Kourou pour lancer ses propres fusées dès 2026
La startup spatiale espagnole PLD Space vient de confirmer un investissement de 35 millions d'euros dans la construction de son propre complexe de lancement au Centre Spatial Guyanais (CSG) de Kourou. C'est la première fois qu'un opérateur privé injecte une telle somme dans la modernisation d'une zone historique du site — l'ancienne zone ELM-Diamant. Les travaux de génie civil doivent s'achever à l'été 2026, ouvrant la voie à un premier vol d'essai de la fusée Miura 5 à la fin de la même année.
Le CSG face à un nouveau chapitre
Le Centre Spatial Guyanais accueille PLD Space comme son premier opérateur privé à cette échelle. Sur les 35 millions investis, environ 22 millions iront directement à l'écosystème industriel français et guyanais, selon EU-Startups (Jun 2026). Pour le CSG, cela représente une diversification bienvenue à une période où Ariane 6 accumule les retards et où les opérateurs européens se retrouvent souvent contraints de réserver des places sur les fusées SpaceX. L'accord-cadre avec le CNES remonte à juillet 2019 ; l'investissement de cette ampleur concrétise enfin ce partenariat.
? We have increased our investment in the MIURA 5 Launch Complex at the Guiana Space Centre (CSG) to €35M.
— PLD Space (@PLD_Space) June 1, 2026
This milestone makes PLD Space the first private operator to invest at this scale at the ELM-Diamant site, contributing to the evolution of Europe's historic spaceport.… pic.twitter.com/Z1uPFMFwm8
Miura 5 : une fusée légère avec récupération du premier étage
La Miura 5 est un lanceur léger à deux étages, conçu pour mettre en orbite de petits satellites pesant jusqu'à quelques centaines de kilogrammes. Sa particularité : le premier étage n'est pas perdu après chaque vol. Il descend sous parachutes dans l'océan, est récupéré, remis en état, puis réutilisé. Cette approche, détaillée sur le site officiel de PLD Space, vise à réduire significativement le coût par lancement. Le premier client commercial confirmé est Sateliot, une entreprise espagnole de satellites 5G, qui doit envoyer deux satellites Trito en 2027 via Miura 5.
L'opération est aussi soutenue financièrement par la Banque européenne d'investissement, qui a accordé un prêt de 30 millions d'euros en avril 2026 — une première pour un lanceur de petits satellites, selon le communiqué de la BEI. Ce geste institutionnel traduit une volonté claire de l'UE de soutenir l'autonomie stratégique en matière de lancements spatiaux.
Deux cosmodromes, une ambition globale
PLD Space ne s'arrête pas à Kourou. La société a signé un accord avec l'Etlaq Spaceport en Oman, avec des premiers tirs envisagés dès 2027, comme le rapporte SpaceNews (Feb 2025). Cette stratégie multi-sites offre plus de flexibilité aux clients en termes d'orbites accessibles et réduit les risques liés à un seul point de départ. Avec plus de 450 employés et un objectif de 30 lancements par an d'ici 2030, PLD Space se positionne comme un acteur sérieux face à ses concurrents allemands Isar Aerospace et Rocket Factory Augsburg — dans un marché européen des lanceurs petits satellites estimé à plus d'un milliard d'euros d'ici 2030.