ChatGPT franchit le milliard d'utilisateurs, mais Claude accélère : deux IPO en vue
ChatGPT vient d'atteindre un milliard d'utilisateurs actifs par mois — une première dans l'histoire des applications, plus rapide que TikTok, Instagram ou YouTube. Pourtant, derrière ce chiffre record se cache une réalité financière bien moins flatteuse : OpenAI prévoit 14 milliards de dollars de pertes pour 2026, selon Investing.com. Pour financer ses ambitions, la société prépare une introduction en Bourse aux États-Unis, tout comme son principal concurrent Anthropic.
La montée en puissance de Claude
Les données de l'analyste Sensor Tower sont sans appel : Claude, le chatbot d'Anthropic, ne compte que 56 millions d'utilisateurs actifs mensuels — loin du milliard de ChatGPT. Mais sa croissance annuelle atteint 640 %, contre 62 % pour ChatGPT. L'écart se réduit vite, et pas seulement en volume.
Un signe concret de cette dynamique : aux États-Unis, les utilisateurs ayant installé Claude au premier trimestre 2026 ont passé 5 % de temps en moins sur ChatGPT dès le mois suivant. Ce chiffre, modeste en apparence, traduit une substitution réelle. Les utilisateurs ne cumulent pas les assistants IA indéfiniment — ils choisissent.
Deux IPO, deux modèles sous tension
Anthropic a déposé confidentiellement son dossier d'introduction en Bourse début juin 2026. OpenAI devrait faire de même dans les prochaines semaines, avec une valorisation cible supérieure à 1 000 milliards de dollars et un chiffre d'affaires annualisé d'environ 25 milliards de dollars — mais des pertes massives en face.
Pour les investisseurs européens, le contexte est particulier. OpenAI doit convertir sa structure à but non lucratif en entité commerciale classique, une démarche qui comporte des risques de gouvernance documentés par CMC Markets. Par ailleurs, la CNIL avait déjà ciblé les flux de données de ChatGPT en 2023 : les prospectus d'introduction en Bourse obligeront OpenAI à détailler son exposition réglementaire en Europe, une contrainte qu'Anthropic subit également mais dans une moindre mesure.
Mistral en embuscade
Pendant que les deux géants américains courent après la rentabilité (prévue au mieux pour 2030 selon les analystes), Mistral — né à Paris, ancré dans l'écosystème européen — reste privé et exempt de cette pression boursière immédiate. Les entreprises françaises qui s'appuient sur OVHcloud ou des partenariats industriels locaux disposent d'une alternative qui n'a pas à justifier sa gouvernance devant des actionnaires américains.
La course au milliard d'utilisateurs est gagnée. La course à la rentabilité, elle, ne fait que commencer.