Fusion Paramount-Warner Bros. : des États américains veulent bloquer le deal à 110 milliards de dollars

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 03:04

La Californie et New York se préparent à attaquer en justice la fusion Paramount-Warner Bros. Discovery, valorisée à 110 milliards de dollars. Reuters (5 juin 2026) confirme que le dépôt du recours est attendu dans les prochaines semaines. Si la fusion est approuvée, l'entité combinée contrôlerait 23,6 % du marché des studios nord-américains, portant la concentration des quatre premiers acteurs à 76,3 %.

L'accord et ses enjeux

Annoncé le 27 février 2026, le rachat prévoit que Paramount paie 31 dollars par action en numéraire pour s'emparer de Warner Bros. Discovery — le tout pour une valeur d'entreprise de 110 milliards de dollars. Paramount avait devancé Netflix après plusieurs tours d'offres. La clôture de la transaction est visée au troisième trimestre 2026, sous réserve des autorisations réglementaires, notamment celle de la Commission européenne dont la décision de phase 1 est attendue au plus tard le 7 juillet.

Le procureur général de Californie, Rob Bonta, résume les craintes de l'État en quelques mots : la consolidation à grande échelle mène « presque toujours » à des hausses de prix, des suppressions d'emplois et une réduction du choix pour les consommateurs. Son bureau a ouvert une enquête dès l'annonce de l'accord. New York s'est joint à la démarche ; d'autres États pourraient suivre. Paramount et Warner Bros. n'ont pas commenté.

Ce que ça change en France

La Commission européenne représente l'obstacle réglementaire le plus immédiat hors des États-Unis. Le Center for American Progress souligne par ailleurs que le contrôle de CNN dans le périmètre de l'opération déclenche un examen de la FCC sur le critère d'« intérêt public » — une procédure distincte de l'analyse antitrust classique.

En France, Warner Bros. détient des droits de diffusion et des investissements dans la production locale. Une concentration accrue du côté des studios pourrait modifier l'équilibre de l'offre face à Netflix et Amazon Prime Video, qui dominent déjà le marché SVOD. David Ellison, architecte de l'opération côté Paramount-Skydance, a rencontré Emmanuel Macron en janvier 2026, mais Paris n'a pas encore exprimé de position officielle avant la décision européenne du 7 juillet.

La suite

Si la Commission ouvre une phase 2 d'enquête — scénario plus probable qu'un rejet immédiat selon les observateurs —, la clôture de l'accord serait repoussée au-delà de 2026. Le recours judiciaire américain, lui, pourrait suffire à geler la transaction indépendamment du feu vert européen. Les prochaines semaines seront décisives.