Rocket Lab assemble son 100e Electron et vise 100 lancements en 2026
Rocket Lab vient d'assembler son 100e lanceur Electron sur sa chaîne de production — un cap atteint en moins de neuf ans depuis le premier lancement commercial en 2017. La fusée a déjà réalisé 88 missions, dont 21 en 2025 sans aucun échec. Ce rythme place désormais Rocket Lab comme le deuxième opérateur de lancements orbitaux privés le plus actif au monde, derrière SpaceX.
La cadence, nouvel avantage concurrentiel
Les photos publiées par l'entreprise montrent plusieurs Electron à différents stades d'assemblage simultané dans le même atelier. Ce modèle industriel — produire vite et souvent — est précisément ce qui distingue Rocket Lab de ses concurrents dans le segment des petits satellites.
L'Electron est une fusée de 18 mètres capable d'emporter jusqu'à 300 kg en orbite basse. Ses neuf moteurs Rutherford utilisent des pompes électriques plutôt que des turbopompes classiques, ce qui simplifie la fabrication. La production est répartie entre les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, avec une série de lancements prévue depuis le cosmodrome de Māhia dès juin 2026 — notamment pour les opérateurs japonais Synspective et iQPS, spécialisés dans l'imagerie satellitaire.
Fresh rockets rolling off the line. Factory is busier than ever. Our 100th Electron rocket is in this lineup. pic.twitter.com/MYz2ByFE7I
— Rocket Lab (@RocketLab) June 10, 2026
Au-delà des lancements
Rocket Lab n'est plus un simple prestataire de mise en orbite. Selon une analyse de Motley Fool Q1 2026 revenue breakdown, 68 % de ses revenus du premier trimestre 2026 proviennent de composants spatiaux — panneaux solaires, roues de réaction, logiciels embarqués — et non des lancements eux-mêmes. Ce modèle diversifié réduit sa dépendance à chaque mission individuelle.
Le carnet de commandes atteint 2,2 milliards de dollars, avec plus de 70 missions contractualisées, selon Investing.com backlog and contracts. Le chiffre d'affaires a progressé de 63,5 % au premier trimestre 2026.
Neutron en ligne de mire
L'objectif affiché est d'atteindre 100 lancements Electron en 2026, ce qui serait la cadence la plus rapide jamais atteinte pour une fusée orbitale privée. En parallèle, la fusée Neutron — capable d'emporter 13 000 kg en orbite basse — est attendue pour la fin 2026. Un premier test de réservoir a échoué en janvier 2026, repoussant le calendrier au quatrième trimestre. Son entrée en service ciblera les constellations de mégasatellites et les missions de sécurité nationale, un marché où Rocket Lab n'est pas encore présent.
Si le rythme actuel se maintient, la société pourrait durablement s'installer comme la deuxième puissance spatiale privée mondiale — et peser davantage dans les choix des acteurs institutionnels et commerciaux qui cherchent des alternatives à SpaceX.