Un satellite de la taille d'un Boeing 747 avec 72 GPU : SpaceX révèle ses data centers orbitaux pour l'IA
SpaceX a présenté les détails de son satellite AI1 le 9 juin 2026 : une plateforme de calcul orbital de 70 mètres d'envergure, alimentée à l'énergie solaire, capable de fournir une puissance de 150 kW en crête. Elon Musk a comparé sa capacité de calcul à une baie de serveurs Nvidia GB300 intégrant 72 GPU. À titre de comparaison, Google a déjà signé un contrat de calcul avec SpaceX à hauteur de 920 millions de dollars par mois, selon Tom's Hardware.
Le projet
L'architecture du satellite repose sur des composants interchangeables, ce qui permet de changer de génération de puces sans reconcevoir l'engin entier. Pour dissiper la chaleur — problème majeur dans le vide spatial, où l'air n'existe pas — SpaceX prévoit des radiateurs liquides d'environ 110 m², équipés de pompes redondantes. La société n'a pas révélé le fluide utilisé, mais Hugh Lewis, professeur d'astronautique à l'Université de Birmingham, estime que l'ammoniaque est la candidate la plus probable : c'est le même caloporteur employé sur la Station spatiale internationale, stable sur une large plage de températures.
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— Elon Musk (@elonmusk) June 9, 2026
SpaceX a par ailleurs déposé auprès de la FCC un dossier prévoyant le déploiement de jusqu'à un million de ces satellites, entre 500 et 2 000 km d'altitude, selon DCD. Une usine de fabrication baptisée Gigasat est prévue à Bastrop, Texas, sur plus de 400 hectares.
Concept mis à jour du satellite AI1. Illustration : SpaceX
Les questions qui restent ouvertes
Plusieurs experts émettent des réserves. Des systèmes de refroidissement actifs alourdissent les satellites, compliquent leur conception et multiplient les points de défaillance. L'ammoniaque est une substance toxique, et sa gestion en orbite n'est pas sans risque. Surtout, la question des débris spatiaux est centrale : la loi française de 2008 impose une désorbitation dans les 25 ans suivant la fin de vie d'un satellite. Or SpaceX envisage de placer la majorité de ses engins sur des « orbites cimetières » plutôt que de les faire rentrer dans l'atmosphère — une pratique qui pourrait heurter le cadre réglementaire français, même si la FCC l'autorise côté américain.
Jean-Yves Le Gall, ancien président du CNES, résume bien l'enjeu : « Il faut une loi internationale sur les débris. » Car comme le note Space Legal Issues, Musk n'enfreint pas les règles — il n'y en a tout simplement pas assez. De leur côté, OVHcloud et Mistral restent ancrés dans le calcul terrestre et ne représentent pas de concurrents orbitaux directs. L'ESA pousse sa « Charte Zéro Débris », signée par plus de 24 acteurs européens dont des agences françaises, mais sans pouvoir contraignant sur SpaceX. L'introduction de l'intégration de Grok dans Starlink V3, révélée par Carthage Electronics, soulève également des questions de souveraineté des données que l'ARCEP devra examiner.