Des robots serpents inspectent les lignes électriques en Chine sans batterie ni drone
Un opérateur électrique chinois vient de déployer des robots en forme de serpent capables d'inspecter des lignes haute tension en se rechargeant directement sur les câbles — sans batterie externe, sans drone. Le Bureau de fourniture d'électricité du district de Guandu, à Kunming, a utilisé ces engins pour couvrir plus de 130 km de réseau de distribution en un temps record, avec une efficacité trois fois supérieure à celle des rondes manuelles, selon le South China Morning Post. Pour les réseaux d'infrastructure critique, c'est une démonstration concrète de ce que l'automatisation peut apporter là où les humains et les drones atteignent leurs limites.
Le design
Le robot s'enroule autour du câble et progresse le long de la ligne grâce à une structure multi-articulée, capable de franchir des obstacles que ni un technicien ni un drone ne peuvent atteindre facilement. À l'avant : caméras haute résolution et capteurs qui détectent en temps réel les défauts d'isolation, les surchauffes de contacts et toute anomalie électrique. À l'arrière : un module de récupération d'énergie par induction électromagnétique, qui capte l'énergie directement depuis la ligne sous tension. Résultat : une autonomie quasi illimitée tant que le réseau est alimenté, explique Interesting Engineering.
Là où les drones ne peuvent pas voler
L'avantage clé de ce système est sa capacité à opérer dans les zones d'exclusion aérienne. Autour de l'aéroport de Kunming, les drones sont strictement interdits pour des raisons de sécurité aérienne. Les robots serpents, eux, rampent sur les câbles sans perturber les radars ni la circulation des avions. Leur déploiement a d'ailleurs été coordonné pour garantir une alimentation stable pendant le gaokao, l'examen national d'entrée à l'université — un contexte où la moindre coupure de courant a des conséquences directes pour des millions de candidats.
Et en France ?
RTE et Enedis testent actuellement des drones et des robots terrestres pour l'inspection de leurs lignes, notamment dans les zones de montagne difficiles d'accès. Le modèle chinois — sans batterie externe, fonctionnel dans les périmètres aéroportuaires — pourrait théoriquement intéresser pour des lignes en Haute-Savoie ou dans les Pyrénées. Mais le système reste pour l'instant une technologie interne à l'opérateur d'État chinois : aucun prix, aucun partenariat commercial ni licence à destination de tiers n'ont été annoncés. Une adoption en France supposerait en outre une certification conforme aux exigences de la CNIL et de l'ARCEP sur les systèmes autonomes en infrastructure critique. L'approche est prometteuse ; l'accès au marché européen, lui, reste entier.