HarmonyOS dépasse 1,3 milliard d'appareils : Huawei devient un troisième acteur mondial

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 15:37

Huawei a annoncé le 12 juin à la conférence HDC 2026 que son système d'exploitation HarmonyOS équipe désormais plus de 1,3 milliard d'appareils actifs. Pour comparaison, iOS d'Apple compte environ 1,4 milliard d'appareils dans le monde. Ce chiffre place HarmonyOS en position de troisième écosystème mondial, loin devant tout autre concurrent d'Android ou d'iOS.

Pas que des smartphones

Les 1,3 milliard d'appareils recensés ne se limitent pas aux téléphones. L'écosystème couvre les tablettes, les PC, les appareils électroménagers connectés, les systèmes embarqués automobiles et des composants pour centres de données. Huawei décrit HarmonyOS comme une base unifiée pour l'internet des objets, où chaque appareil communique avec les autres de façon transparente.

La croissance est en partie le résultat direct des sanctions américaines. Privé d'accès aux services Google depuis 2019, Huawei a massivement investi dans son propre système. Aujourd'hui, plus de 13 000 développeurs travaillent sur le projet, le code source dépasse 140 millions de lignes, et le catalogue d'applications natives atteint 350 000 titres — contre 20 000 en janvier 2025. Le réseau de partenaires industriels compte plus de 3 200 entreprises.

> « Nous n'avons pas simplement créé un substitut, nous avons posé les bases numériques de milliers de secteurs, indépendamment de tout facteur politique extérieur. » > > — Richard Yu, directeur de la branche grand public de Huawei

Un écosystème encore absent en France

En Chine, HarmonyOS détient environ 19 % du marché des smartphones, devant iOS (16 %) selon Counterpoint Research. À l'échelle mondiale, sa part tombe à 4 % — et pratiquement à zéro en France.

Les appareils Huawei sous HarmonyOS ne sont pas référencés chez Fnac, Boulanger ou sur Amazon.fr. Aucune certification télécom française ne couvre les derniers modèles, et l'écosystème ne propose pas d'équivalent fonctionnel à Google Maps, Gmail ou Google Pay pour les utilisateurs habitués aux services occidentaux. La CNIL n'a pas encore statué publiquement sur les pratiques de collecte de données de l'écosystème Huawei au regard du RGPD.

Un troisième acteur, mais confiné à la Chine

La fragilité structurelle reste réelle : aucun fabricant tiers n'a adopté HarmonyOS en dehors de Huawei. Xiaomi, OPPO et vivo refusent de l'intégrer pour ne pas risquer de perdre l'accès à Google Play en Europe et en Inde. Si Huawei venait à vaciller, l'ensemble de l'écosystème n'aurait aucun autre support pour se maintenir — à l'inverse d'Android, qui repose sur des dizaines de fabricants indépendants.

Pour l'instant, HarmonyOS est une réussite impressionnante à l'échelle chinoise, mais une réalité lointaine pour les consommateurs en France.