Apple veut que Siri soit utile, pas amical — mais en France, c'est plus compliqué

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 02:52

Le nouveau Siri propulsé par l'IA arrive avec iOS 27 en septembre 2026 — et Apple a clairement expliqué ce qu'il ne sera pas : un compagnon virtuel. Craig Federighi, vice-président en charge de l'ingénierie logicielle, a affirmé que Siri ne cherchera ni à flatter l'utilisateur, ni à prolonger les échanges pour le plaisir de l'engagement. Une prise de position directe contre les approches adoptées par ChatGPT ou Claude.

L'assistant, pas le confident

Dans une interview pour le podcast Mostly Human, Federighi a décrit plusieurs services d'IA comme conçus pour retenir l'attention, encourager le partage d'informations personnelles et créer une forme de lien émotionnel. Siri, dit-il, prend le chemin inverse : faire ce que l'utilisateur demande, puis s'arrêter. Greg Joswiak, directeur marketing d'Apple, ajoute que l'objectif est une intégration transparente — sans apprentissage de commandes spéciales ni formulation d'invites complexes.

Concrètement, le nouveau Siri pourra analyser le contenu à l'écran, interagir avec les données personnelles pour exécuter des requêtes, travailler avec les apps Photos et Caméra, et effectuer des recherches web. Apple prépare aussi une application Siri autonome pour les échanges texte et voix, concurrente directe de ChatGPT et Claude — mais présentée comme un outil, non comme un ami.

Ce que ça change en France

En France, la situation est plus nuancée. iOS 27 arrive bien à l'automne 2026, mais le nouveau Siri IA sera bloqué sur iPhone et iPad au lancement, en raison du Digital Markets Act (DMA). Seuls Mac et Vision Pro bénéficieront de la fonctionnalité dans l'Union européenne, selon ComputerBase qui cite une confirmation d'Apple à Numerama. Aucune date de disponibilité sur mobile n'a été annoncée pour la France.

Autre point à garder à l'esprit : Apple paie environ un milliard d'euros par an pour l'infrastructure Gemini de Google, avec des GPU NVIDIA Blackwell hébergés sur Google Cloud. Ce partenariat, peu mis en avant par Apple, interroge sur la réalité du contrôle des données — même si un accord spécifique interdirait à Google d'entraîner ses modèles sur les données des utilisateurs Apple, selon BornCity.

Le positionnement « utilitaire et discret » d'Apple est cohérent — mais pour les utilisateurs d'iPhone en France, il faudra attendre que Bruxelles et Cupertino trouvent un terrain d'entente. En attendant, Engadget résume bien l'ironie : Apple promet un Siri qui ne vous flatte pas, mais qui dépend de Google pour fonctionner.