Volkswagen au bord du gouffre : le conseil d'administration admet une crise existentielle
Volkswagen traverse la crise la plus grave de son histoire : selon un sondage anonyme réalisé par Manager Magazin (Spiegel Group) auprès de neuf membres du conseil d'administration, six d'entre eux ont qualifié la situation de « fatale ». Les trois autres l'ont jugée « tendue ». Aucun n'a coché la case « non critique ». Pour un groupe qui incarne depuis des décennies la solidité industrielle allemande, l'aveu est saisissant.
L'ampleur du mal
Les neuf membres interrogés se sont prononcés à l'unanimité pour un changement de stratégie radical, notamment un pivot vers la Chine et l'Amérique du Nord. Ce consensus rare illustre l'urgence ressentie en interne. Le groupe souffre d'un coût de production en Allemagne supérieur de 25 à 50 % à celui de ses concurrents, selon Euronews (2024). Pour y répondre, VW prévoit de ramener sa capacité mondiale de 12 à 9 millions de véhicules par an et de supprimer 35 000 postes d'ici 2030.
Les fermetures d'usines, longtemps impensables, sont désormais actées : la production à Dresde a cessé fin 2025, et l'usine d'Osnabrück fermera ses portes mi-2027. C'est la première fois en 87 ans d'existence que Volkswagen ferme des sites en Allemagne.
Le symbole de Dresde
L'usine la plus emblématique concernée est la Gläserne Manufaktur — la « Manufacture de verre » — de Dresde, où était autrefois assemblée la luxueuse Phaeton. Selon CarNewsChina (exclusive source, May 2026), le constructeur chinois BYD serait en négociation pour reprendre une partie du site, ce qui lui permettrait de produire des voitures électriques sous label « Made in Germany » tout en contournant les droits de douane européens de 17 % qui frappent ses importations. VW nie officiellement ces discussions, mais comme le rapporte Electrive.com, le PDG Oliver Blume a lui-même évoqué la « co-production » comme une « solution intelligente » fin avril.
La Gläserne Manufaktur (Manufacture de verre) de Dresde. Photo : VW
Ce que ça change en France
Pour les conducteurs français, la restructuration de VW n'est pas qu'une affaire allemande. Les concessionnaires des marques du groupe — VW, Audi, Skoda, SEAT — pourraient faire face à des tensions d'approvisionnement si la production allemande se contracte davantage. Dans ce contexte, Renault et Stellantis (Peugeot, Citroën) sont bien placés pour capter une clientèle qui hésite, tandis que les importateurs chinois comme BYD proposent déjà des prix 30 à 40 % inférieurs à ceux du segment équivalent.
La question n'est plus de savoir si Volkswagen va changer de visage, mais à quelle vitesse — et qui en profitera.