Bobby Prince, compositeur légendaire de Doom et Wolfenstein 3D, est décédé à 81 ans
Bobby Prince, le compositeur qui a forgé l'identité sonore des grands jeux de tir des années 1990, est mort le 16 juin 2026 à l'âge de 81 ans. Sa famille a confirmé la nouvelle via un avis officiel. Quiconque a joué à Doom, Wolfenstein 3D, Duke Nukem 3D ou Rise of the Triad connaît son travail sans forcément connaître son nom.
Un parcours hors norme
Avant de composer pour les studios texans id Software et Apogee/3D Realms, Bobby Prince avait mené plusieurs vies. Officier d'infanterie au Vietnam entre 1969 et 1970, il avait ensuite obtenu un diplôme de droit et exercé comme avocat avant de se tourner définitivement vers la musique. C'est depuis la Géorgie qu'il envoyait ses compositions à distance — des morceaux inspirés du heavy metal, encodés en MIDI, qui donnaient aux premiers jeux de tir à la première personne leur rythme haletant et leur tension particulière.
Son approche était simple mais efficace : coller au rythme de l'action à l'écran, sans jamais écraser le son des effets. Le résultat a traversé les décennies.
Un héritage consacré
En 2006, Bobby Prince a reçu le prix Lifetime Achievement Award de l'industrie du jeu vidéo, reconnaissance de l'ensemble de sa carrière. Mais c'est en 2026 que son travail a obtenu sa consécration la plus symbolique : la bande sonore originale de Doom a été sélectionnée pour intégrer le National Recording Registry de la Bibliothèque du Congrès américain. Il s'agit du premier enregistrement issu d'un jeu vidéo à rejoindre ce registre de préservation culturelle permanente, aux côtés d'œuvres musicales jugées essentielles à l'histoire des États-Unis.
John Romero, cofondateur d'id Software, et George Broussard, producteur de Duke Nukem 3D, ont rendu hommage à Prince sur les réseaux sociaux dès l'annonce de sa disparition. Broussard l'a décrit comme « l'incarnation du gentleman du Sud », saluant sa rigueur et sa disponibilité tout au long de leur collaboration.
Ce qu'il laisse
Pour une génération de joueurs ayant grandi dans les années 1990, les compositions de Bobby Prince font partie de la mémoire collective du jeu vidéo — au même titre que les graphismes en pixels ou les boîtiers en carton des jeux de l'époque. Sa musique a contribué à définir ce que le genre FPS allait devenir, bien avant que le terme lui-même n'existe dans le langage courant. Ses œuvres sont désormais officiellement préservées pour les générations futures, selon VGC.