La mission de sauvetage du télescope Swift repoussée après une anomalie au lancement

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 17:17

Le 2 juillet 2026, la NASA a dû repousser le lancement de la mission LINK, un appareil robotique conçu pour sauver l'observatoire spatial Swift d'une rentrée atmosphérique incontrôlée prévue en octobre. La startup Katalyst Space, basée en Arizona, avait développé ce vaisseau en seulement neuf mois pour un budget total de 30 millions de dollars — un délai deux fois plus court que la normale. Sans intervention, Swift, lancé en 2004, brûlera dans l'atmosphère avant la fin de l'année.

L'observatoire en sursis

L'observatoire Neil Gehrels Swift tourne autour de la Terre depuis plus de vingt-deux ans. Spécialisé dans la détection des sursauts gamma — des explosions cosmiques parmi les plus violentes de l'univers — il a largement dépassé sa durée de vie initiale. Mais l'atmosphère résiduelle à environ 400 km d'altitude freine progressivement l'engin, qui descend inexorablement. Sans rehaussement d'orbite, la rentrée est attendue pour octobre 2026.

Le plan de Katalyst était précis : l'appareil LINK devait rejoindre Swift un mois après le lancement, le saisir avec trois bras robotiques, puis le hisser sur une orbite stable à 600 km sur une période de deux mois. Cela aurait prolongé la vie de l'observatoire d'au moins une décennie, selon NASA Swift Blog.

La fusée Pegasus XL avec l'appareil LINK fixé sous l'avion porteur Stargazer. Photo : NASA / Ron Beard

Un lancement aéroporté avorté

La méthode de mise en orbite choisie est peu commune : un lancement depuis les airs. La fusée Pegasus XL de Northrop Grumman — dont il s'agit du tout dernier vol, après une précédente mission en 2021 — était accrochée sous le fuselage d'un avion porteur L-1011 Stargazer. L'avion a décollé sans problème depuis l'atoll de Kwajalein, dans les îles Marshall, et a atteint une altitude de 12 km. Mais lors de la préparation au largage, les équipes ont détecté une anomalie dans les systèmes de la fusée, empêchant l'allumage des moteurs en toute sécurité. L'avion a dû rentrer à la base avec la fusée toujours à bord.

La NASA indique qu'une nouvelle date ne sera fixée qu'après analyse complète des données télémétriques collectées durant ce vol avorté, selon le Katalyst Space Press Release. Chaque jour de retard rapproche Swift de son échéance.

Un test grandeur nature pour le secteur spatial

Au-delà de Swift, cette mission est la première démonstration concrète de l'entretien orbital commercial à grande échelle : un appareil robotique vient réparer ou repositionner un satellite qui n'avait pas été conçu pour être entretenu. Si elle réussit, la technologie pourrait transformer l'économie spatiale — prolonger la durée de vie des satellites plutôt que de les abandonner, réduire les débris et rentabiliser des investissements colossaux.

Katalyst avait remporté le contrat en septembre 2025 face à des concurrents comme Starfish Space et un partenariat entre Astroscale et Cambrian Works. Avec 30 millions de dollars pour concevoir, construire, tester et lancer l'engin en moins d'un an, le modèle de coût-efficacité intrigue. Les agences spatiales européennes, dont le CNES, n'ont pas encore de mission équivalente en préparation.