Kojima condamne la fin des disques PlayStation : « vous ne serez jamais vraiment propriétaire »
À partir du 1er janvier 2028, Sony ne produira plus de versions physiques sur disque pour ses jeux PlayStation. L'annonce, confirmée sur le PlayStation Blog (officiel), a provoqué une onde de choc bien au-delà de la communauté des joueurs — Sony justifie ce choix par le fait que les ventes physiques ne représentent plus que 3 % de ses revenus. Pour les acheteurs habitués à revendre, prêter ou conserver leurs jeux, le modèle change du tout au tout.
La rupture de Kojima
Hideo Kojima — créateur de Metal Gear, Death Stranding, et du prochain OD — entretient une relation de longue date avec PlayStation. Cela ne l'a pas empêché d'exprimer publiquement sa désapprobation, comme le rapporte Gamereactor :
> « Je suis vraiment attristé par cette décision. J'ai grandi avec les supports physiques. En ce moment, j'achète beaucoup de Blu-ray et de CD. »
Mais Kojima ne s'arrête pas à la nostalgie. Il pointe un risque concret : acheter un contenu numérique ne garantit pas d'y accéder indéfiniment. Films, musique, jeux — des catalogues entiers deviennent inaccessibles selon les régions ou les décisions commerciales des plateformes. Un tweet de 2021, dans lequel il alertait déjà sur cette perte de propriété numérique, a refait surface après l'annonce de Sony.
Ce que ça change pour le joueur en France
En France, le droit à la copie privée reconnaît aux acheteurs le droit de conserver une copie personnelle d'une œuvre acquise légalement. Le passage au tout-numérique fragilise cette garantie : on n'achète plus un jeu, on achète une licence révocable. Les enseignes comme la Fnac ou Boulanger continueront de vendre des éditions physiques pour les titres existants jusqu'en 2028, mais au-delà, le disque disparaît pour les nouvelles sorties.
L'analyse de Medium sur le Digital Fairness Act européen en cours de discussion souligne que les jeux vidéo pourraient devenir le premier terrain de bataille pour imposer des droits d'accès permanents au contenu numérique. Si ce texte aboutit, il obligerait les éditeurs à prévoir des plans de préservation à l'expiration de leurs services.
Après 2028
Kojima l'admet lui-même : de moins en moins d'acteurs sont prêts à maintenir les formats physiques, et l'indignation des consommateurs ne suffit pas à inverser la tendance. Le mouvement vers le cloud et les licences numériques suit la même logique que le streaming musical ou vidéo — pratique à court terme, mais sans garantie sur la durée. La question n'est plus de savoir si le disque va disparaître, mais ce que les joueurs pourront réclamer le jour où une plateforme coupe l'accès.