SpaceX veut vendre ses serveurs au Pentagone : un contrat en milliards pour l'IA militaire

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 13:21

SpaceX est en discussions avec le Pentagone pour lui fournir d'énormes capacités de calcul, selon Bloomberg. L'armée américaine veut accélérer ses systèmes d'IA — analyse d'images satellites, anticipation des menaces, pilotage de systèmes autonomes — et ses serveurs internes ne suffisent plus. SpaceX, déjà fournisseur de lancements secrets et de communications militaires via Starshield, veut maintenant ajouter l'infrastructure cloud à son portefeuille défense.

Le poids de l'accord

Le Pentagone a demandé 30 milliards de dollars pour l'exercice budgétaire 2027, consacrés aux supercalculateurs IA et à la modernisation numérique. SpaceX se positionne pour capter une part significative de cette enveloppe. La société a déjà signé en juin un accord pluriannuel avec Google, donnant accès à environ 110 000 accélérateurs Nvidia. En mai, Anthropic a annoncé utiliser toute la puissance du centre de données Colossus 1 à Memphis — un site qui délivre environ 300 MW de puissance de calcul.


Le centre de données Colossus 1 à Memphis, exploité par xAI, fournit environ 300 MW de puissance de calcul.

La concurrence dans le viseur

SpaceX ne vise pas seulement les contrats publics. La stratégie consiste à proposer des prix inférieurs à CoreWeave et aux géants du cloud — Amazon, Microsoft, Oracle. L'annonce a d'ailleurs suffi à faire chuter le titre CoreWeave de plus de 5 %. Avec ses propres centres de données et une infrastructure satellitaire intégrée, SpaceX dispose d'une structure de coûts que les acteurs purement terrestres peinent à reproduire.

Ce que ça change en Europe

Pour des acteurs comme Mistral ou OVHcloud, le signal est clair : le marché de défense américain se ferme davantage. Le Pentagone privilégie des fournisseurs capables de construire des centres de données directement sur ses installations militaires, un modèle qui exige des habilitations sécuritaires et une échelle industrielle que les alternatives européennes n'ont pas encore. Aucun partenariat entre Mistral ou OVHcloud et le Département de la Défense américain n'a été annoncé à ce jour.

Pas encore signé

Les discussions sont en cours et pourraient échouer, précisent les sources. Aucune confirmation officielle n'a été émise ni par SpaceX ni par le Pentagone. Mais si l'accord se concrétise, Elon Musk — déjà omniprésent dans les lancements spatiaux et les communications militaires — deviendra aussi le principal fournisseur d'IA de l'armée américaine. Une concentration de pouvoir dans les mains d'un seul opérateur privé que même Washington dit vouloir éviter.