Google permet de se connecter avec une vidéo selfie — vos données biométriques partent dans le cloud
Google vient d'ajouter une option inédite à ses comptes personnels : se connecter ou récupérer son accès grâce à une courte vidéo selfie. Lancée le 23 juillet 2026, cette fonctionnalité est présentée comme une réponse à la montée en flèche des tentatives de piratage par deepfake — en hausse de 58 % par an selon Cloud storage architecture detail. Elle est déployée progressivement pour les comptes personnels éligibles, sans annonce de calendrier précis pour la France.
Comment ça marche
L'inscription est facultative. L'utilisateur enregistre une courte vidéo depuis la caméra frontale de son téléphone ou d'un ordinateur équipé d'une webcam. L'application guide ensuite les mouvements de tête pour capturer plusieurs angles du visage — une technique de « détection de vivacité » censée bloquer les usurpations par photo ou vidéo générée par IA. En cas de perte d'accès au compte, une nouvelle vidéo est enregistrée et comparée automatiquement à la référence stockée. Google précise que la vidéo peut être supprimée à tout moment depuis le tableau de bord du compte.
Forgot your password? Lost your phone? Can’t get into your account?
— Google (@Google) July 23, 2026
You can now use a selfie video to log into your Google Account.
The new feature is easy to use and lets you sign in — even if you forget your password or don’t have your usual phone or laptop — with a quick… pic.twitter.com/3TbdIKLTM9
Point important : la vidéo de référence est stockée dans le cloud, et non sur l'appareil. Cela permet une récupération multi-appareils, mais concentre des données biométriques sensibles sur les serveurs de Google. L'amélioration du modèle facial fait l'objet d'un consentement séparé, distinct de l'authentification elle-même — une nuance que tous les utilisateurs ne percevront pas forcément.
Ce que dit la réglementation
La CNIL a déjà sanctionné Google à hauteur de 50 millions d'euros en 2019 pour défaut de consentement éclairé sur la publicité personnalisée, et Clearview AI a écopé de 20 millions d'euros pour collecte biométrique non consentie. Or, les données biométriques sont classées en catégorie spéciale sous le RGPD : leur traitement exige un consentement explicite, une transparence totale sur la collecte, l'usage et le lieu de stockage, ainsi qu'une analyse d'impact sur la protection des données (AIPD), comme le précise le cadre de l'AI Act biometric risk framework. Google n'a publié aucune déclaration de conformité spécifique au marché français, et le lieu de résidence des données — serveurs américains ou européens — n'est pas précisé.
Faut-il l'activer ?
La fonctionnalité n'est pas disponible pour les comptes Google Workspace, les comptes enfants ni les membres du programme Advanced Protection. Pour les autres, elle s'adresse avant tout à ceux qui ont perdu accès à leurs appareils habituels et n'ont plus d'autre moyen d'authentification. En attendant une clarification de la CNIL sur la conformité du dispositif, on peut vérifier si l'option est déjà accessible depuis 9to5Google launch coverage. Les utilisateurs soucieux de leur vie privée préféreront attendre une position officielle des autorités françaises avant d'enregistrer leur visage dans le cloud de Google.