AutoFlight Prosperity : un air-taxi chinois vole en autonome au Kazakhstan
Un air-taxi électrique à décollage et atterrissage vertical vient de réaliser son premier vol de démonstration au Kazakhstan — et ce n'est pas un fabricant européen ou américain qui en est à l'origine. La société chinoise AutoFlight a fait voler son appareil Prosperity de façon autonome sur l'hippodrome Kazanat d'Astana, 10 minutes en l'air pour 2,4 km parcourus. L'événement marque une nouvelle étape dans l'expansion internationale de la mobilité aérienne urbaine, un secteur encore largement en attente de certification en Europe.
Le vol
L'appareil a effectué deux boucles sur une trajectoire prédéfinie, sans pilote à bord — une précaution de sécurité, car le Prosperity est techniquement conçu pour transporter un pilote et jusqu'à quatre passagers. Sa propulsion repose sur 13 moteurs électriques répartis entre 10 rotors de sustentation verticale et 3 hélices propulsives à l'arrière, selon une architecture dite « lift-and-cruise » : les rotors assurent le décollage et l'atterrissage, l'hélice propulsive prend le relais en vol horizontal. La vitesse maximale annoncée est de 200 km/h, pour une autonomie de 250 km selon les spécifications vérifiées.
Ce type de configuration distribuée présente un avantage pratique : si plusieurs moteurs tombent en panne simultanément, l'appareil peut continuer à voler et atterrir en sécurité. C'est aussi un argument de poids pour les dossiers de certification, où la tolérance aux pannes est scrutée à la loupe.
La course à la certification européenne
Le test kazakhstanais s'inscrit dans une stratégie plus large : valider le Prosperity dans des conditions climatiques variées avant de s'attaquer aux marchés occidentaux. AutoFlight a déposé une demande de certificat de type auprès de l'autorité chinoise CAAC en avril 2024, un processus formellement engagé là où ses concurrents américains Joby et Archer courent encore après leur homologation FAA, prévue au mieux pour 2026.
Du côté européen, la situation est plus complexe. L'EASA impose aux appareils de la catégorie « Enhanced » — celle qui concerne les vols commerciaux urbains avec passagers — un taux de panne catastrophique inférieur à 10⁻⁹ par heure de vol. Lilium, Volocopter et Vertical Aerospace sont dans la file d'attente, selon le suivi des certifications eVTOL à jour de mars 2026. AutoFlight, lui, n'a pas encore déposé de dossier formel auprès de l'EASA.
Ce que ça change (ou pas) pour la France
Pour l'instant, rien de concret sur le marché français. Aucun accord de vertiport, aucun opérateur local, aucune mise en service annoncée. La réglementation applicable en France sera celle de l'EASA, commune à toute l'Union européenne — pas de voie bilatérale distincte. On ne saura pas avant plusieurs années si des lignes commerciales sont viables dans des agglomérations comme Paris ou Lyon. Le vol au Kazakhstan est un signal d'ambition, pas une date de lancement.