Le PDG d'EA empoche 38,6 millions de dollars après avoir licencié des studios Battlefield

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 18:01

Le PDG d'Electronic Arts Andrew Wilson a perçu 38,65 millions de dollars au titre de l'exercice fiscal 2026 — soit 8,15 millions de plus qu'en 2025. La révélation vient du rapport annuel 10-K publié par EA auprès de la SEC. Elle intervient quelques mois après que Wilson a approuvé une vague de licenciements dans quatre studios : Criterion, DICE, Ripple Effect et Motive, tous impliqués dans le développement de Battlefield 6.

La réussite, pour qui ?

Battlefield 6 a enregistré le meilleur démarrage de l'histoire de la franchise : plus de 7 millions d'exemplaires vendus en trois jours, 172 millions de parties jouées, et plus de 15 millions d'heures streamées. Des chiffres qui ont directement alimenté les résultats financiers de l'éditeur — et, d'après le document EA SEC Filing, les critères de performance ayant justifié les bonus de la direction.

Le package de Wilson se décompose ainsi : 1,3 million de salaire fixe, 6,5 millions de bonus en numéraire, et 28 millions en actions. Il n'est pas le seul concerné : la présidente Laura Miele a touché 13,7 millions de dollars, le directeur financier Stuart Canfield 11,3 millions, et le directeur juridique Jacob Schatz 8,4 millions.

Un ratio qui parle de lui-même

Le salaire médian d'un employé EA s'établit à 126 612 dollars selon le même rapport. Le ratio entre la rémunération du PDG et ce salaire médian atteint 305 pour 1 — une proportion courante dans les grandes entreprises américaines, mais qui contraste fortement avec les normes de dialogue social européennes.

Selon Engadget, les licenciements dans les studios Battlefield ont eu lieu en mars 2026, soit dans les semaines suivant le lancement record du jeu. EA a justifié ces coupes par la nécessité de "mieux aligner les équipes".

Pour GameDeveloper, la chronologie est sans ambiguïté : le succès commercial a servi de base au calcul des bonus, tandis que les équipes à l'origine de ce succès étaient restructurées en parallèle. Ce type de contradiction — franchise record, licenciements, rémunérations en hausse — est devenu un schéma récurrent dans le secteur du jeu vidéo américain, de Microsoft Gaming à Embracer Group.