Test du Hisense XR10 : un projecteur laser de 6 000 lumens livré dans une valise en cuir
La dernière chose que l'on s'attend à trouver dans le carton d'un nouveau projecteur, c'est une valise en cuir. Le plus étonnant, c'est qu'une fois le Hisense XR10 découvert, elle cesse d'être la principale surprise. Design rétrofuturiste, objectif énorme, hublot transparent qui laisse apercevoir le circuit de refroidissement liquide — le Hisense XR10 ne ressemble en rien à un projecteur domestique classique. Et, semble-t-il, il ne cherche pas vraiment à en être un. Ce genre d'appareil ne naît pas pour étoffer le catalogue d'un fabricant. On le crée pour attirer l'attention, faire parler et démontrer le savoir-faire d'une marque. Le Hisense XR10 ne se contente d'ailleurs pas d'un design audacieux : il embarque une source laser d'une luminosité allant jusqu'à 6 000 lumens ANSI, la prise en charge d'écrans jusqu'à 300 pouces de diagonale et une panoplie de technologies que l'on attend d'un projecteur de très haut niveau. Pour Hisense, ce n'est pas un appareil, c'est un manifeste : la marque affirme ouvertement qu'elle est prête à jouer dans la cour des grands du home cinéma, là où l'on ne choisit pas seulement un projecteur, mais aussi un écran, des enceintes, un ampli AV et jusqu'au traitement acoustique de la pièce.
Sommaire
- Ce qu'il faut savoir sur le projecteur Hisense XR10
- Ce que contient la boîte
- Design : du rétrofuturisme à l'état pur
- Une image jusqu'à 300 pouces pour 6 000 lumens ANSI
- Son : quand Devialet devient un bonus appréciable
- Du côté du jeu vidéo
- Télécommande : retrouvez-moi si besoin
- Impressions à l'usage : il n'en existe pas deux comme lui
- Au final
Le projecteur Hisense XR10 dans un intérieur. Illustration : Hisense
Ce qu'il faut savoir sur le projecteur Hisense XR10
Hisense a depuis longtemps cessé d'être un novice sur le marché des projecteurs. Depuis plusieurs années, la marque développe activement sa propre gamme de projecteurs à ultra courte focale, que l'on peut installer presque contre l'écran, et qu'elle appelle des téléviseurs laser (Laser TV). Mais le XR10, lui, est un projecteur home cinéma haut de gamme, conçu pour rivaliser sur le marché mondial avec les meilleurs modèles de Sony, JVC et Epson, dans un segment où l'acheteur ne choisit pas seulement un projecteur, mais investit aussi dans un écran dédié et un système audio.
Le projecteur XR10 est un concentré des technologies et des ambitions design de Hisense. Il est doté d'un laser tricolore TriChroma, d'un décentrement mécanique de l'objectif, d'un zoom optique et d'un diaphragme dynamique IRIS, ainsi que de technologies que l'on voit rarement réunies dans un seul appareil. Parmi elles : un objectif tout en verre à 17 éléments, une première dans cette catégorie, un circuit de refroidissement liquide hermétique, le réglage automatique de l'image Auto Magic AI Adjusting 3.0, la certification IMAX Enhanced et un système audio Devialet.
Le design n'a pas reçu moins d'attention. Face aux dizaines de boîtiers identiques, noirs, gris ou blancs, le look rétro du XR10, son objectif énorme et son hublot transparent laissant voir le refroidissement liquide sonnent comme un défi lancé à l'industrie. La valise en cuir est sans doute l'accessoire le plus inattendu du coffret. D'ordinaire, ce type d'accessoire n'apparaît dans la boîte que lorsque le fabricant table sur des déplacements réguliers de l'appareil. C'est précisément pour cela qu'il est devenu la norme pour les casques premium ou le matériel professionnel. Combien de propriétaires de XR10 transporteront régulièrement un projecteur de 10 kg ? Peu, probablement. En revanche, comme prétexte pour parler de ce modèle, la valise fonctionne à tous les coups. L'oublier après avoir rencontré le XR10 est presque impossible.
Ce que contient la valise
En ouvrant la valise, on comprend qu'elle n'a pas été conçue uniquement pour un premier contact spectaculaire. Tous les accessoires sont rangés dans des compartiments séparés, les câbles sont maintenus par des sangles, et le projecteur lui-même est protégé par une housse souple en tissu. Même la télécommande dispose de sa propre poche sur la face intérieure du couvercle. L'ensemble rappelle agréablement l'agencement d'un sac à dos de photographe.
À l'intérieur, en plus du projecteur lui-même, on trouve la télécommande, le câble d'alimentation, la documentation et la housse en tissu du projecteur. En tant qu'élément chargé de la première impression du XR10, la valise remplit exactement le rôle que ses créateurs lui ont assigné.
Le plus intéressant, c'est qu'il ne s'agit pas d'un simple décor pour de jolies photos. La valise est équipée de roulettes, d'une poignée télescopique, de ferrures métalliques, de renforts de protection aux angles et même de sangles à boucles. Autrement dit, on l'imagine très bien dans un aéroport ou un hôtel. Même si, en toute logique, le propriétaire d'un projecteur de cette classe possède déjà une valise pour voyager.
Design : du rétrofuturisme à l'état pur
Au premier regard, on a le sentiment que les designers de Hisense sont allés puiser leur inspiration dans le matériel de cinéma professionnel du milieu du siècle dernier. Le boîtier rectangulaire aux angles doucement arrondis, l'objectif massif, les grosses molettes métalliques sur le dessus et la robe bronze-brun donnent l'impression d'avoir devant soi non pas un projecteur, mais une coûteuse caméra de cinéma vintage équipée d'une électronique moderne.
L'élément central de la face avant, c'est évidemment l'énorme objectif. Il est ceint d'un cadre massif, ce qui accentue encore le caractère « cinématographique » de l'appareil. À gauche de l'objectif se trouve un panneau brillant abritant quatre caméras et deux capteurs ToF. Ce sont eux qui font fonctionner le système « Auto Magic AI Adjusting 3.0 », en détectant automatiquement la position de l'écran et en réglant la géométrie de l'image, la mise au point et d'autres paramètres. On dirait au premier abord un insert décoratif, mais c'est en réalité l'un des éléments les plus technologiques du XR10.
L'un des détails les plus spectaculaires de la construction, c'est le hublot transparent sur le flanc droit du boîtier. On y aperçoit les éléments du circuit de refroidissement liquide hermétique, habituellement dissimulé aux yeux de l'utilisateur. Et cela joue à plein sur l'impression d'ensemble : le XR10 exhibe ses technologies au lieu de chercher à les cacher.
La face arrière est nettement plus sobre. Presque toute sa surface est occupée par des ailettes de ventilation horizontales, tandis que tous les connecteurs ont été déportés vers le haut du boîtier. Le flanc gauche est réservé au système audio Devialet et fermé par une grande grille métallique, alors que le droit combine ouïes de ventilation et hublot transparent du refroidissement.
Le panneau supérieur n'est pas surchargé non plus. On n'y trouve que deux molettes métalliques de commande et le bouton d'alimentation. Une approche inhabituelle pour un projecteur moderne, mais qui sert bien le style général de l'appareil.
Connectique
- prise d'alimentation (DC In) ;
- port réseau Ethernet (LAN) ;
- sortie audio optique S/PDIF ;
- deux ports USB Type-A (5 V / 1 A) ;
- trois entrées HDMI, dont une compatible eARC ;
- sortie audio 3,5 mm ;
- port de service.
L'objectif lui-même est si imposant qu'il s'impose d'emblée comme le principal repère visuel du XR10, et les anneaux concentriques autour de la lentille ne font que renforcer cette impression. Il s'agit d'un système optique tout en verre à 17 éléments, avec un zoom optique 2,38× et un décentrement mécanique de l'objectif (Lens Shift). Sur le fût de l'objectif figure aussi la mention de la technologie Oversize-Shift Tech, qui élargit les possibilités de positionnement de l'image sans perte de qualité.
L'énorme objectif à 17 éléments prend en charge un zoom optique 2,38x, un Lens Shift mécanique et la technologie Oversize-Shift Tech. Illustration : gagadget
Plutôt que de banals boutons en plastique, Hisense a installé deux grosses molettes métalliques qui évoquent davantage les commandes d'un appareil hi-fi vintage. La première cumule trois fonctions : un appui long allume ou éteint le projecteur, la rotation règle le volume des enceintes intégrées, et un appui court ouvre le menu à l'écran, que l'on peut d'ailleurs piloter avec cette même molette. C'est par ce menu, par exemple, que l'on active la fonction Remote Finder, qui fait émettre un signal sonore à la télécommande si elle s'est égarée.
La seconde molette n'est que stylisée en régulateur du même type : c'est en réalité un capteur de luminosité ambiante. Il mesure le niveau d'éclairage de la pièce pour que le projecteur puisse adapter automatiquement la luminosité et le rendu des couleurs aux conditions environnantes.
La molette métallique réunit le bouton d'alimentation et le réglage du volume. Illustration : gagadget
L'impression qui domine, c'est que le projecteur Hisense XR10 ne copie pas le matériel d'autrefois. Il le réinterprète, en mariant des formes familières de l'ère analogique avec des technologies actuelles.
Une image jusqu'à 300 pouces pour 6 000 lumens ANSI
Impossible de parler de la qualité d'image du Hisense XR10 sans plonger dans l'arsenal de technologies qu'il embarque. Je ne suis pas un grand spécialiste des projecteurs, mais c'est la première fois que je me retrouve face à un appareil domestique de ce calibre, et l'image est nettement au-dessus de tout ce que j'avais pu voir sur un projecteur jusqu'ici. Hisense développe depuis des années ses Laser TV à ultra courte focale, mais pour le XR10, la marque a retenu un schéma de projection classique. La raison est simple : il laisse beaucoup plus de liberté aux ingénieurs.
Le Hisense XR10 a ainsi reçu un grand objectif à 17 éléments, un zoom optique, un décentrement mécanique de l'objectif et un diaphragme dynamique IRIS — des technologies bien plus difficiles à mettre en œuvre dans un projecteur à ultra courte focale. Le prix à payer, c'est l'obligation d'installer le projecteur à plusieurs mètres de l'écran ; en échange, cette approche permet d'obtenir la meilleure image possible, sans nombre des compromis propres aux Laser TV.
TriChroma : trois lasers au lieu d'un
L'élément clé du fonctionnement du Hisense XR10, c'est le système maison TriChroma. Pour simplifier : au lieu d'un laser unique associé à une roue au phosphore, comme dans la plupart des projecteurs laser, on trouve ici trois lasers distincts — rouge, vert et bleu. Chaque couleur étant générée par son propre laser, les teintes ressortent plus pures, plus saturées et plus naturelles. C'est particulièrement visible dans les scènes complexes riches en nuances, comme les couchers de soleil, les paysages ou les films à la palette très colorée.
L'inscription consacrée au triple laser sur le châssis du projecteur. Illustration : Hisense
Autre atout du TriChroma : une couverture colorimétrique très étendue. Selon Hisense, le projecteur reproduit 110 % de l'espace colorimétrique BT.2020, l'un des standards les plus larges utilisés pour la vidéo 4K moderne. Le XR10 est capable d'afficher nettement plus de couleurs que la plupart des projecteurs ordinaires. Si l'on comparait le projecteur à un peintre, le TriChroma lui donnerait tout simplement beaucoup plus de couleurs sur sa palette.
La luminosité de 6 000 lumens ANSI est l'un des principaux arguments commerciaux du Hisense XR10. Pour situer : la plupart des projecteurs laser domestiques évoluent entre 3 000 et 4 500 lumens ANSI (au-delà, on n'a plus que des projecteurs professionnels ; le record actuel est de 12 000, mais le prix d'un tel appareil se chiffre déjà en dizaines de milliers de dollars). Le XR10 dispose donc d'une réserve de flux lumineux nettement supérieure. C'est particulièrement précieux quand on projette une image de 200 à 300 pouces de diagonale, où la luminosité se répartit fatalement sur une grande surface d'écran. Ce flux élevé permet aussi d'exploiter pleinement les contenus HDR, en préservant les détails aussi bien dans les zones claires que sombres, et de regarder confortablement des films même dans des pièces impossibles à plonger dans le noir complet.
Grand objectif, grandes possibilités
Le Hisense XR10 utilise un grand objectif tout en verre à 17 éléments. Il permet de proposer des fonctions que l'on ne croise pratiquement jamais sur les projecteurs domestiques actuels : le décentrement mécanique de l'objectif (Lens Shift), le zoom optique et la technologie Oversize Shift. Le décentrement permet de déplacer l'image vers le haut, le bas ou sur les côtés sans bouger le projecteur. Cela simplifie considérablement l'installation et évite de recourir à la correction trapézoïdale numérique, qui dégrade la qualité de l'image. Les caméras intégrées assurent l'alignement automatique ; selon les caractéristiques annoncées, le décentrement atteint ±130 % en vertical et ±46 % en horizontal.
Le zoom optique 2,38× n'est pas moins utile. Il permet de modifier la taille de l'image sans déplacer le projecteur et sans perte de netteté. De quoi simplifier nettement l'installation, surtout si le projecteur est fixé au plafond ou logé dans une niche dédiée.
Le zoom optique permet de modifier la taille de l'image sans déplacer le projecteur et sans perte de netteté. Illustration : Hisense
Autre particularité intéressante : l'Oversize Shift Tech. Pour faire simple, cette technologie permet de projeter une image légèrement plus grande que l'écran, puis de la « caler » précisément dans les limites de la toile grâce au décentrement mécanique de l'objectif. L'utilisateur gagne ainsi beaucoup plus de liberté pour installer le projecteur, sans devoir le positionner au millimètre près.
Diaphragme dynamique IRIS : plus de contraste sans excès de luminosité
Autre singularité du XR10 : le diaphragme dynamique IRIS. On peut le comparer à la pupille de l'œil humain : dans l'obscurité, elle se dilate, et en pleine lumière, elle se contracte. Le projecteur fonctionne sur le même principe. Le nom vient de l'anglais iris, qui désigne l'iris de l'œil. Le fabricant annonce que, grâce à ce diaphragme dynamique Iris à 6 lamelles, le XR10 atteint un contraste de 6 000:1 et un contraste dynamique allant jusqu'à 60 000:1.
Le diaphragme dynamique IRIS fonctionne comme la pupille de l'œil humain : il se dilate dans l'obscurité et se contracte en pleine lumière. Illustration : Hisense
Dans les scènes sombres, le diaphragme IRIS réduit le flux lumineux, ce qui rend les noirs plus profonds et augmente le contraste. Dans les passages lumineux, il s'ouvre au contraire pour laisser passer davantage de lumière et exploiter toute la réserve des 6 000 lumens ANSI. Résultat : le projecteur n'a pas besoin de tourner en permanence à pleine puissance. L'image s'adapte plus naturellement à chaque scène, et l'écart entre plans sombres et plans lumineux devient plus marqué. C'est précisément pour cela que le diaphragme dynamique IRIS reste l'une des signatures des projecteurs domestiques haut de gamme, où la qualité des noirs et le contraste comptent autant qu'une luminosité élevée.
DLP et XPR : comment le projecteur fabrique une image 4K
La formation de l'image du XR10 repose sur la technologie DLP. À l'intérieur du projecteur se trouve une puce spéciale portant des millions de miroirs microscopiques. Chacun d'eux gère un pixel et peut changer de position des milliers de fois par seconde, en réfléchissant la lumière des lasers vers l'écran. Pour obtenir une résolution 4K, Hisense fait appel à la technologie XPR. Elle décale très rapidement l'image de fractions de pixel dans différentes directions, de sorte que le spectateur ne voit plus des images séparées, mais une seule image extrêmement détaillée de 3 840 × 2 160 pixels. La technologie DLP offre par ailleurs un autre avantage : une grande netteté sur toute la surface de l'écran, particulièrement sensible dans les scènes de films dynamiques et les retransmissions sportives sur grande diagonale.
Tout cela peut sembler bien abstrait, mais le schéma ci-dessous aide à comprendre la physique du procédé :
AI Auto Magic 3.0 : le projecteur qui règle l'image tout seul
Mais la technologie la plus concrète du Hisense XR10, celle qui pèse le plus sur l'expérience utilisateur, c'est le système AI Auto Magic 3.0. Il combine 4 caméras, des capteurs ToF et des algorithmes d'intelligence artificielle pour automatiser au maximum le réglage du projecteur. À l'allumage, le XR10 détermine tout seul la position de l'écran, fait la mise au point, aligne l'image, corrige les déformations trapézoïdales, ajuste l'échelle et contourne même les obstacles si le mur porte des étagères, des tableaux ou d'autres objets.
Si le projecteur a été déplacé ou que sa position a légèrement changé, toutes ces opérations sont refaites sans la moindre intervention de l'utilisateur. Au lieu de plusieurs minutes de réglages manuels, il suffit d'attendre la fin de la calibration automatique.
L'AI Auto Magic 3.0 sera particulièrement précieux pour ceux qui ne comptent pas fixer le projecteur à demeure au plafond. Si le XR10 voyage de temps en temps d'une pièce à l'autre ou sert dans différents lieux (c'est peut-être là que la valise trouvera son utilité), le système prend entièrement en charge la préparation de la séance. Et la plupart des réglages automatiques peuvent, au besoin, être retouchés à la main si l'on veut une géométrie ou un positionnement de l'image d'une précision maximale.
Voici comment cela fonctionne, y compris un détail comme la correction de l'image en fonction de la couleur du mur :
IMAX à la maison
Pour exploiter pleinement le potentiel du laser tricolore et de cette luminosité élevée, le XR10 prend en charge pratiquement tous les formats HDR actuels : Dolby Vision, HDR10+, HDR10 et HLG. Le projecteur s'adapte ainsi automatiquement aux spécificités de chaque film ou série, tandis que le Dynamic Tone Mapping analyse chaque scène et optimise luminosité et contraste en temps réel. Concrètement, cela se traduit par plus de détails dans les scènes sombres, des hautes lumières plus éclatantes et des couleurs plus naturelles.
La certification IMAX Enhanced mérite une mention à part. Elle atteste que le projecteur répond aux exigences d'IMAX en matière de qualité d'image et de son, et ouvre l'accès à des contenus spécialement optimisés. Bien sûr, le logo seul ne garantit pas encore la « magie IMAX » dans un salon ordinaire, mais c'est un argument de plus qui montre que le XR10 a été pensé pour le segment le plus élevé du home cinéma.
Restituer la qualité d'image d'un projecteur en photo est l'un des exercices les plus difficiles d'un test. La photo perd inévitablement une partie des détails, fausse les couleurs et ne peut pas rendre la véritable réserve de luminosité. Mais même ainsi, on peut au moins se faire une idée approximative de cette image à la « chaleur toute analogique » que produit le Hisense XR10.
Restituer une image projetée en photo est toujours difficile, mais pas impossible. Illustration : gagadget
Son : quand Devialet devient un bonus appréciable
Il est peu probable que l'acheteur d'un projecteur de cette classe se repose sur les enceintes intégrées. Quand on est prêt à investir plusieurs milliers d'euros dans un projecteur, on possède sans doute déjà — ou on prévoit — un système audio dédié avec ampli AV et son multicanal dans son home cinéma. C'est précisément ce scénario d'utilisation qui paraît le plus logique pour le Hisense XR10.
Cela ne veut pourtant pas dire que le fabricant a traité le son intégré comme une variable d'ajustement. Au contraire : Hisense s'est associé à la maison française Devialet, réputée pour ses systèmes audio premium. Le XR10 a reçu un système acoustique 2.1 d'une puissance totale de 31 W, composé de deux haut-parleurs de 8 W et d'un caisson de basses de 15 W. Le projecteur prend en outre en charge Dolby Audio et DTS Virtual:X, de quoi produire un son plus enveloppant même sans enceintes externes.
Pendant les films, le son s'est révélé puissant, propre et bien équilibré. Les dialogues restent intelligibles, la musique ne se noie pas sous les effets spéciaux, et les basses suffisent pour ne pas donner immédiatement envie de chercher des enceintes externes. Bien entendu, cette acoustique ne remplacera pas un vrai système de home cinéma. Mais pour un visionnage quotidien de films, de séries ou de retransmissions sportives, ses capacités sont plus que suffisantes.
C'est pourquoi le Devialet du XR10 doit plutôt être vu comme un bonus appréciable pour les moments où le projecteur travaille en autonomie. Par exemple, si son propriétaire décide finalement d'utiliser la fameuse valise en cuir pour ce à quoi elle est destinée et d'installer l'appareil dans un nouveau lieu.
Du côté du jeu vidéo
Le Hisense XR10 tournant sous le même système d'exploitation VIDAA que les téléviseurs actuels de la marque, il hérite de toutes ses fonctions gaming. Le projecteur prend en charge le mode jeu automatique (ALLM), une faible latence d'affichage, ainsi qu'un menu de jeu dédié qui permet de modifier rapidement les principaux paramètres sans quitter la partie. J'ai déjà passé en revue les capacités gaming de la plateforme VIDAA dans le test du téléviseur Hisense UR9S, je ne vais donc pas me répéter. Les curieux savent où chercher.
Le projecteur tourne sous VIDAA et dispose donc d'un menu dédié aux joueurs. Illustration : gagadget
Télécommande : retrouvez-moi si besoin
La télécommande du XR10 est un modèle Bluetooth compact, sans pavé numérique, avec un nombre de touches réduit au minimum, des boutons dédiés aux services de streaming populaires et un microphone intégré pour la commande vocale. Le boîtier est en plastique mat, et l'alimentation est assurée par deux piles AAA.
Aucune expérimentation de design ni matériau coûteux ici. Face au projecteur et à son style rétrofuturiste, la télécommande paraît même un peu trop sage. Mais au quotidien, on s'y habitue vite : toutes les touches sont disposées logiquement, et sa particularité la plus intéressante reste la fonction de recherche de télécommande (Remote Finder). Si elle s'est glissée entre les coussins du canapé ou se trouve dans une autre pièce, il suffit d'ouvrir l'entrée correspondante du menu (on peut pour cela utiliser le bouton sur le boîtier du projecteur), et la télécommande se met à émettre un signal sonore. Cela fonctionne grâce au Bluetooth et compte déjà parmi les petites attentions les plus utiles de l'écosystème VIDAA.
Impressions à l'usage : il n'en existe pas deux comme lui
Ma principale impression du XR10 : Hisense a réussi à créer un produit émotionnel. La première chose que l'on voit, c'est la grande valise en cuir au design bien à elle. Ensuite, on est happé par l'énorme lentille de l'objectif et par ce look rétro qui rappelle l'âge d'or de la hi-fi. J'ai d'abord posé le projecteur sur le large accoudoir d'un canapé d'angle (le manuel d'utilisation précise expressément que les quatre pieds doivent reposer sur la surface, sans être « dans le vide ») et je l'ai orienté vers le mur perpendiculaire.
À ma grande surprise, le projecteur a immédiatement repéré l'angle de la pièce et a ajusté lui-même l'image pour qu'elle ne déborde pas sur l'angle. La luminosité de l'image a ensuite fait forte impression (ma fille a accouru aussitôt, a déniché sur Netflix, en un instant, un film avec des chats, et impossible de l'arracher à l'écran). Pour clore ces premières impressions, le projecteur s'est révélé doté d'un son étonnamment soigné, qu'on n'attend pas d'enceintes intégrées (même épaulées par un caisson de basses).
Pour être honnête, je n'ai pas une grande expérience des projecteurs laser haut de gamme pour le home cinéma, mais celui-ci surpasse en qualité d'image et de son tout ce que j'avais vu jusque-là. Par souci d'équité, ajoutons que le Hisense XR10 est aussi le projecteur le plus cher qui me soit jamais passé entre les mains. Sa luminosité suffit même en journée, mais c'est le soir ou la nuit qu'il déploie tout son potentiel et impressionne franchement, avec une image que l'on a envie de décrire par le cliché de la « chaleur analogique » — en parfait accord avec son design old school.
En France, le très haut de gamme du projecteur home cinéma dédié — JVC DLA-NZ500, Sony VPL-XW5000ES, Epson EH-QB1000 — se concentre entre 5 500 et 6 000 € au catalogue, et je suis convaincu que chaque vente dans cette catégorie reste un événement pour le vendeur. À 5 999 € (chez Hisense, Fnac, Boulanger, Cobra ou Son-Vidéo), le XR10 se cale très exactement sur ce plafond. Un cran en dessous, l'offre « lifestyle » à triple laser s'étend d'environ 1 900 à 3 900 €, du Hisense C2 Ultra au Valerion VisionMaster Max. Mais aucun de ces rivaux n'affiche 6 000 lumens ANSI : les projecteurs plus lumineux visent les salles de cinéma professionnelles et coûtent bien plus cher. Ce que l'on peut affirmer sans hésiter du Hisense XR10, c'est qu'il ne ressemble vraiment à rien d'autre sur le marché. Et cela vaut autant pour son apparence que pour la panoplie de technologies dont le fabricant a rempli cet appareil à ras bord. Ce modèle échappe aux critères habituels et à la question de savoir s'il faut ou non le recommander à l'achat. Une chose est certaine : son propriétaire en tirera un plaisir comparable à celui que procure une voiture que l'on choisit avec le cœur plutôt qu'avec la raison.
Au final
Selon toute apparence, Hisense n'a jamais assigné au XR10 la mission de devenir un projecteur grand public. C'est plutôt un modèle d'image destiné à attirer l'attention, dont la vocation est de démontrer tout ce dont la marque est capable aujourd'hui. Comme si elle voulait proclamer haut et fort « Yes, We Can » ! C'est pour cela qu'on y a réuni d'un coup presque tout le meilleur de son savoir-faire : le laser tricolore, une luminosité record pour cette catégorie de 6 000 lumens ANSI, un énorme objectif avec décentrement mécanique, zoom optique et diaphragme dynamique IRIS. Ajoutez-y le circuit de refroidissement liquide hermétique et le système de correction automatique de l'image avec quatre caméras et capteurs ToF. Et, bien sûr, un design impossible à confondre avec celui d'un quelconque autre projecteur. Sans oublier la valise, comme touche finale à l'ensemble.
Au bout du compte, Hisense a produit un appareil qui n'a pratiquement pas de concurrents directs. Non pas parce que personne ne sait fabriquer des projecteurs aux caractéristiques comparables. Mais parce que personne ne les avait combinées exactement sous cette forme. Le XR10 est un produit doté d'une personnalité affirmée, et c'est précisément elle qui devient son principal atout. Hisense a donc atteint son objectif, et toute recommandation d'achat passe au second plan. C'est le genre d'appareil qui suscite l'enthousiasme, ou pas. Et c'est sans doute exactement à cela que ressemble un produit d'image vraiment réussi.
5 raisons d'acheter le projecteur Hisense XR10
- son design vous enthousiasme ;
- une luminosité record dans sa catégorie ;
- vous aimez qu'un projecteur détecte l'écran tout seul et y ajuste rapidement l'image ;
- vous avez la place d'installer un écran de 300 pouces de diagonale ;
- vous êtes attiré par une technologie que personne d'autre ne possède.
3 raisons de renoncer à l'achat du projecteur Hisense XR10
- son design ne vous plaît pas ;
- les capacités du projecteur dépassent largement vos besoins ;
- vous n'avez pas envie d'expliquer à vos proches pourquoi ce projecteur coûte le prix d'une voiture d'occasion.
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