Tesla Cybercab : Starlink V5 intégré, mais le terminal n'est pas prévu pour rouler

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 15:16

Tesla vient de confirmer que son robotaxi Cybercab intègre un terminal Starlink V5 directement dans la carrosserie, aux côtés des antennes 5G/LTE et GPS. La promesse : du streaming 4K pour les passagers, sans volant ni pédales pour les distraire. Mais SpaceX lui-même classe le V5 comme un équipement « résidentiel uniquement », non prévu pour un usage en mouvement — une contradiction que Tesla n'a pas encore expliquée publiquement.

La promesse passager vs. la réalité terrain

Tesla et Elon Musk avancent que la bande passante du Starlink V5 suffit pour regarder de la vidéo en 4K pendant un trajet. Le terminal affiche des specs convaincantes : plus de 375 Mbps, une consommation de 35 à 50 W (soit 50 % de moins que le V4), un poids de seulement 1,1 kg (62 % plus léger) et une antenne 35 % plus compacte. Cette légèreté permet une intégration affleurante dans la carrosserie du Cybercab sans pénaliser l'aérodynamisme ni l'autonomie de la batterie.

Mais le rôle réel du satellite est plus discret, selon Engadget : il s'agit avant tout d'assurer la connectivité de la flotte et de servir de secours dans les zones sans couverture cellulaire. Or le Cybercab opère principalement dans des villes américaines à fort déploiement 5G — Austin, Houston, Dallas, Miami — où le satellite reste un filet de sécurité plutôt qu'une nécessité quotidienne, note Electrek.

Une zone grise réglementaire à surveiller

La désignation officielle de SpaceX — « non prévu pour un usage en mouvement » — soulève des questions que Tesla n'a pas encore tranchées : existe-t-il un firmware spécifique pour autoriser l'utilisation en roulant ? Quel est le cadre réglementaire pour un terminal satellite résidentiel embarqué dans un véhicule en circulation ?

En France, ni l'ARCEP ni les opérateurs (Orange, Bouygues, Free) n'ont commenté la compatibilité d'un tel dispositif avec les règles en vigueur. La CNIL n'a pas non plus précisé son approche sur les données passagers transitant par Starlink dans un robotaxi. Au niveau européen, la directive RED (Radio Equipment Directive) pourrait imposer une certification distincte pour cet usage mobile.

Pas de Cybercab en France pour l'instant

La production a démarré au second trimestre 2026 à la Gigafactory Texas ; environ 250 unités étaient visibles dans les lots de l'usine fin juillet. Le déploiement reste limité aux États-Unis, sans calendrier européen confirmé. Starlink V5 n'est pas non plus disponible en France à ce stade. L'intégration Tesla-SpaceX est un signal clair de stratégie verticale — mais la réponse réglementaire, des deux côtés de l'Atlantique, reste à écrire.