Le Cybercab de Tesla roule sans terres rares — et sans la Chine

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 12:39

Tesla vient de dévoiler une avancée technique significative sur son robotaxi Cybercab : le moteur électrique ne contient aucune terre rare. L'engin est 18 % plus compact et 25 % plus léger que les groupes motopropulseurs précédents de la marque, tout en conservant une autonomie d'environ 470 km. Elon Musk a lui-même qualifié l'exploit d'« extrêmement difficile à réaliser », selon Benzinga.

Le problème des terres rares

Les aimants permanents des moteurs électriques contiennent habituellement du néodyme, du dysprosium ou du terbium — des métaux dont la Chine assure environ 90 % du raffinage mondial. Une dépendance qui expose les constructeurs à des risques géopolitiques et logistiques réels : des restrictions à l'export ont déjà perturbé les approvisionnements par le passé. Tesla cherchait une alternative depuis 2023, date à laquelle les premières annonces sur ce chantier avaient fait chuter les actions des producteurs de terres rares.

La composition exacte des nouveaux aimants reste confidentielle. Les analystes du secteur évoquent des ferrites ou des alliages aluminium-nickel-cobalt. Ces matériaux sont plus accessibles, mais plus difficiles à intégrer sans perte de performance — ce qui explique pourquoi d'autres constructeurs n'ont pas encore franchi ce pas à grande échelle, relève Electrek.

Une technologie réservée au Cybercab, pour l'instant

Ce moteur sans terres rares équipe exclusivement le Cybercab. Tesla n'a pas précisé si la Model 3 ou la Model Y en bénéficieront un jour. Le robotaxi a été lancé le 3 septembre 2026 à Austin, au Texas, avec une flotte d'à peine une cinquantaine de véhicules en circulation — loin des 3 000 unités déployées par Waymo dans onze villes américaines.

Pas d'horizon français

Pour la France, le sujet reste théorique. Aucun déploiement européen du Cybercab n'est annoncé, et le cadre réglementaire pour les robotaxis reste à définir : la CNIL n'a pas encore établi de règles claires sur la collecte de données des véhicules autonomes en circulation. L'homologation de systèmes sans LiDAR — comme celui du Cybercab, qui repose uniquement sur des caméras — soulève par ailleurs des questions de sécurité non résolues.

Sur le plan industriel, la vraie portée de cette innovation dépendra de sa montée en production. Moins de cinquante véhicules sur route, c'est insuffisant pour valider l'économie à grande échelle, note REEx. Si Tesla parvient à industrialiser ce moteur, l'impact sur toute la chaîne d'approvisionnement EV — y compris pour Renault et Stellantis — pourrait être considérable.