PlayStation Store : Sony accusé de tromper ses clients sur la notion d'achat numérique
Sony se retrouve au cœur d'une action collective aux États-Unis qui soulève une question simple : quand on « achète » un jeu sur le PlayStation Store, est-ce qu'on le possède vraiment ? La réponse de Sony est non — et c'est précisément ce que ses clients reprochent à l'entreprise de ne pas dire clairement.
Le cœur du litige
Les plaignants soutiennent que PlayStation Store utilise des termes comme « acheter » ou « acquérir » pour des licences numériques que Sony peut révoquer à tout moment. Or, une loi californienne entrée en vigueur en janvier 2025 (AB 2426) interdit explicitement l'emploi de ces termes pour des biens numériques, sauf si une information claire sur la nature de la licence est donnée en amont.
Sony réplique que les « consommateurs raisonnables » comprennent déjà que l'achat numérique n'équivaut pas à une propriété permanente, et que les conditions d'utilisation affichées avant le paiement suffisent à éclairer l'acheteur.
Quand le marketing contredit la défense juridique
C'est là que l'affaire se complique pour Sony. L'organisation Consumer Rights Wiki a recensé au moins 44 occurrences sur les sites officiels de PlayStation et dans les communications marketing où Sony parle de jeux numériques comme si le joueur en était pleinement propriétaire. Trois exemples récents :
- Sony invite officiellement les joueurs à diffuser une partie depuis un jeu qu'ils « possèdent » ; - l'entreprise explique comment basculer entre éditions si l'utilisateur « possède » les versions PS4 et PS5 ; - la FAQ de Marvel's Wolverine indique que les « propriétaires » de l'édition standard peuvent passer à la Digital Deluxe Edition.
Comme le relève Tom's Hardware, cette archive constitue un « assaut direct » contre l'argument du « consommateur raisonnable » avancé par les avocats de Sony.
Pourquoi c'est important en France
La situation fait écho à des précédents bien connus en France. En mars 2026, UFC-Que Choisir a engagé une procédure contre Ubisoft après la fermeture du jeu The Crew, en invoquant les mêmes griefs : tromperie sur la permanence de l'achat et clauses abusives — selon William Fry. Sony se trouve dans une position identique.
Le contexte s'alourdit encore : en septembre 2026, plus de 500 films ont été supprimés de comptes PlayStation sans compensation. Et à partir de janvier 2028, Sony mettra fin à la production de disques physiques. Les jeux boîte seront toujours disponibles chez Fnac, Boulanger ou Amazon.fr jusqu'à cette date — mais après, le PlayStation Store sera le seul canal d'achat. Cette concentration du marché renforce l'enjeu de transparence autour des termes « acheter » et « posséder ».
La suite
L'affaire en est à ses débuts : aucun verdict n'a encore été rendu. Mais si les tribunaux californiens donnent raison aux plaignants, les répercussions pourraient s'étendre bien au-delà des États-Unis et obliger Sony à revoir ses pratiques marketing à l'échelle mondiale — y compris en France.