Joby Aviation réussit ses premiers vols en taxi aérien à New York

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 04:44
Joby Aviation réussit ses premiers vols en taxi aérien à New York

Joby Aviation vient de franchir une étape concrète dans la course aux taxis aériens électriques : du 27 avril au 5 mai 2026, la société a effectué des vols de démonstration entre l'aéroport JFK et des héliports de Manhattan, couvrant le trajet en moins de 10 minutes — un trajet qui prend bien plus longtemps en voiture aux heures de pointe. Ces vols s'inscrivent dans le programme pilote de la FAA (eIPP), qui autorise des démonstrations avant certification commerciale complète. Aucun passager payant n'était à bord, mais le signal envoyé au secteur est clair.

L'appareil et la certification

Le modèle S4 de Joby emporte un pilote et quatre passagers, vole à environ 320 km/h et affiche une autonomie d'environ 240 km. Son niveau sonore au décollage est de 65 dB — soit l'équivalent d'une conversation normale — contre des hélicoptères classiques nettement plus bruyants. selon Joby Aviation (official), cette campagne new-yorkaise fait partie d'une tournée de démonstrations prévue tout au long de 2026.

Fin mars 2026, Joby a franchi l'étape 4 de la certification FAA — une revue de conformité aéronautique — mais il reste encore l'étape 5 (approbation d'inspection de type) ainsi qu'une certification opérateur aérien avant tout vol commercial. La FAA n'a donné aucune garantie de calendrier, précise Altitudes Magazine. Un lancement est néanmoins ciblé pour le second semestre 2026, en partenariat avec Delta Air Lines et Uber, dans des villes comme New York, Houston et Miami.

Ce que ça change pour la France

En France, le sujet reste douloureux. Le projet de démonstration en taxi aérien lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, porté par Volocopter, avait été annulé en raison de problèmes dans la chaîne d'approvisionnement de l'entreprise allemande. Aucun opérateur de substitution n'a pris le relais, exposant au grand jour le retard de l'Europe sur les États-Unis en matière d'infrastructure et de certification.

L'Union européenne dispose désormais d'un cadre réglementaire posé par l'EASA en mai 2025, mais les exigences y sont plus strictes qu'outre-Atlantique : l'objectif de sécurité fixé est de 10⁻⁹ par heure de vol, contre 10⁻⁸ côté FAA, ce qui allonge les délais de développement, comme le note Steer. Plus de 50 villes et régions européennes explorent des projets de mobilité aérienne urbaine, mais aucun opérateur d'origine française n'est aujourd'hui en position de lancement commercial. Le concurrent le plus avancé en Europe reste le britannique Vertical Aerospace avec son VX4, selon Scientific American.

Et ensuite ?

Pour l'instant, le taxi aérien reste une perspective lointaine pour les voyageurs en France. Le calendrier américain, lui, se précise — avec toutefois encore plusieurs obstacles réglementaires à franchir avant le premier vol commercial payant.