Meta rachète un spécialiste de l'IA robotique pour accélérer dans les humanoïdes

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 03:12
Meta rachète un spécialiste de l'IA robotique pour accélérer dans les humanoïdes

Meta a racheté Assured Robot Intelligence (ARI), une startup spécialisée dans l'intelligence artificielle pour robots humanoïdes, a annoncé l'entreprise le 1er mai 2026. La vingtaine de collaborateurs d'ARI rejoint Meta Superintelligence Labs. Le marché mondial des robots humanoïdes, évalué à 2,64 milliards de dollars en 2024, pourrait atteindre 38,4 milliards en 2035 selon Kaiso Research — un secteur où les géants de la tech se livrent désormais une course ouverte.

L'équipe et la technologie

ARI a été fondée par Lerrel Pinto et Xiaolong Wang, deux chercheurs spécialisés dans le contrôle moteur des robots. Wang a notamment remporté le prix du meilleur article à MLSys 2024 ; Pinto avait auparavant cofondé Fauna Robotics, rachetée par Amazon en mars 2026. Leur approche cible le « contrôle plein corps » des humanoïdes — c'est-à-dire la capacité d'un robot à adapter ses mouvements à un environnement non structuré en observant le comportement humain. Wang a confirmé que l'objectif initial d'ARI était de créer un agent physique universel, et que l'équipe voit désormais dans les humanoïdes le meilleur vecteur pour y parvenir.

La stratégie plateforme de Meta

Meta ne cherche pas à fabriquer ses propres robots. Le directeur technique Andrew Bosworth l'a dit clairement : le vrai goulot d'étranglement dans la robotique, c'est le logiciel. Meta veut développer une couche IA — modèles, capteurs, algorithmes de contrôle — que d'autres constructeurs pourront utiliser sous licence, sur le modèle d'Android pour les smartphones. L'acquisition d'ARI s'inscrit dans cette logique, selon TechCrunch.

Ce positionnement contraste avec celui de Tesla, qui développe son robot Optimus en visant un million d'unités par an dans sa propre usine de Fremont, ou d'Amazon, qui mise sur une intégration verticale après le rachat de Fauna. Figure AI a de son côté levé 675 millions de dollars avec le soutien de Microsoft, Nvidia et Jeff Bezos.

Ce que ça change

Pour les industriels français — Renault, Stellantis ou les équipementiers qui s'appuient sur des bras robotiques de tiers — une plateforme IA ouverte et licenciable pourrait représenter une option sérieuse face aux solutions propriétaires. Reste à savoir si Meta adoptera un modèle réellement ouvert ou fermé : la CNIL et l'ARCEP seront attentives à la manière dont les données d'apprentissage des robots sont collectées et traitées sur le territoire européen. Le groupe n'a pas communiqué sur le prix de l'acquisition ni sur un calendrier de mise à disposition de ses outils robotiques.