Toyota et Hyroad lancent 40 camions hydrogène en Californie
Toyota Motor North America et Hyroad Energy ont annoncé le 4 mai 2026 un partenariat pour déployer 40 poids lourds de classe 8 fonctionnant à l'hydrogène dans le sud de la Californie. Ces camions, capables de parcourir environ 800 km avec une recharge de 15 à 20 minutes, n'émettent que de la vapeur d'eau. Ce qui distingue ce projet des pilotes habituels, c'est son périmètre : véhicules, logiciel de gestion de flotte, maintenance et infrastructure de ravitaillement sont fournis par un seul ensemble coordonné.
Le projet
L'accord a été présenté à l'ACT Expo 2026, salon dédié au transport propre. Toyota construit une station de recharge dédiée à Ontario, en Californie, pour alimenter la flotte. Hyroad Energy, de son côté, fournit les camions, assure la maintenance et pilote les données opérationnelles. Chaque appareil embarque jusqu'à 70 kg d'hydrogène — douze fois plus que la Toyota Mirai — et se ravitaille en un temps équivalent à une pause café.

Hyroad a acquis ces véhicules lors de la vente aux enchères liée à la faillite de Nikola Corporation en août 2025, pour 3,85 millions de dollars — soit 117 camions, pièces détachées et propriété intellectuelle logicielle incluses. Résultat : une flotte déjà rodée, pas un prototype de laboratoire.
Le retard européen
Ce modèle intégré « véhicule + carburant + service » illustre précisément ce qui manque en France. Le consortium H2Accelerate vise 125 poids lourds à hydrogène d'ici fin 2026 à travers l'Europe, selon le projet H2Accelerate TRUCKS, mais les stations TEAL — la coentreprise TotalEnergies/Air Liquide — ne couvrent encore qu'une quinzaine de points en France, Benelux et Allemagne. Aucun réseau comparable au projet californien de Toyota n'existe aujourd'hui sur le territoire français.
Côté constructeurs, Renault et Stellantis misent principalement sur le tout-électrique à batterie pour leurs flottes lourdes. Les pilotes hydrogène en cours impliquent surtout Volvo et Scania dans le cadre de consortiums européens, comme le confirme Interact Analysis dans ses prévisions pour 2030, où la France figure parmi les marchés à fort potentiel mais encore peu équipés.
Faut-il s'y attendre en France ?
Ni Toyota ni Hyroad n'ont évoqué d'expansion hors de Californie. Mais si le modèle tout-en-un fonctionne — et c'est justement le pari que les acteurs européens n'ont pas encore relevé —, on pourrait voir ce type d'approche s'exporter. Pour les transporteurs français confrontés aux zones à faibles émissions qui se multiplient dans les grandes agglomérations, une solution clé en main hydrogène aurait un attrait certain. Pour l'instant, la Californie fait office de laboratoire grandeur nature.