Google lance Gemini for Science, une suite d'IA pour accélérer la recherche

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 03:42
Google lance Gemini for Science, une suite d'IA pour accélérer la recherche

Google a présenté Gemini for Science lors de la conférence Google I/O 2026, une suite de trois outils d'intelligence artificielle destinés aux chercheurs et aux entreprises du secteur scientifique. La suite intègre déjà plus de 30 bases de données en sciences du vivant, et des partenaires comme Bayer et Daiichi Sankyo figurent parmi les premiers utilisateurs en accès privé. Pour les laboratoires et instituts de recherche français, l'intérêt est réel — mais les conditions d'accès restent floues.

Les trois outils

Hypothesis Generation analyse des millions de publications scientifiques pour proposer de nouvelles pistes de recherche. Chaque résultat est accompagné de sources vérifiées et de citations cliquables, ce qui répond en partie aux exigences d'intégrité scientifique. Une fois une hypothèse formulée, Computational Discovery prend le relais : Google le décrit comme un moteur de recherche agentique capable de générer automatiquement des milliers de tests et variantes d'expériences, bien plus vite qu'un chercheur ne pourrait le faire manuellement.

Le troisième outil, Literature Insights, est un assistant conversationnel pour l'analyse de la littérature scientifique. Il peut produire des résumés, des infographies, ainsi que des synthèses audio et vidéo à partir de documents complexes.

Google présente également Science Skills, un composant distinct qui s'intègre à plus de 30 bases de données en biosciences — dont UniProt, AlphaFold Database et InterPro — selon Google. L'objectif affiché : automatiser des processus qui demandent aujourd'hui plusieurs heures de travail.

Ce que ça change en France

Des institutions comme l'Institut Pasteur, le CEA ou Sanofi pourraient tirer profit de ces outils, notamment pour accélérer la phase de revue bibliographique et l'exploration d'hypothèses. Mais plusieurs obstacles subsistent. La CNIL surveille de près l'usage des outils d'IA américains traitant des données sensibles, et Google n'a pas encore précisé les garanties de résidence des données pour les utilisateurs européens ni confirmé sa conformité au RGPD dans ce contexte.

Le cadre réglementaire de l'IA Act européen, qui classe certaines applications d'IA scientifique à haut risque, impose par ailleurs des exigences de transparence et d'évaluation des risques que Google devra documenter avant tout déploiement à grande échelle en France.

Accès et disponibilité

L'accès à Gemini for Science se fait progressivement : les chercheurs individuels peuvent soumettre une demande via Google Labs, tandis que les entreprises y accèdent par Google Cloud. Aucun tarif en euros n'a été communiqué, et aucune confirmation de disponibilité spécifique au marché français n'a été donnée. À suivre.