La bulle IA se dégonfle : Microsoft et Uber ont brûlé des budgets colossaux sans résultats probants

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 11:45
La bulle IA se dégonfle : Microsoft et Uber ont brûlé des budgets colossaux sans résultats probants

Les grandes entreprises tech font face à une réalité brutale : les outils d'IA basés sur une facturation par token peuvent dévorer un budget annuel en quelques mois. Microsoft a ainsi annulé la majorité de ses licences internes Claude Code avant le 30 juin 2026, après une flambée des coûts lors d'un pilote. Uber, de son côté, a épuisé l'intégralité de son budget IA 2026 en seulement quatre mois.

Les chiffres qui dérangent

Chez Uber, l'outil Claude Code — un assistant de programmation développé par Anthropic — est passé de 32 % à 84 % d'adoption parmi les ingénieurs entre décembre 2025 et mars 2026. Résultat : un coût mensuel par ingénieur estimé entre 500 et 2 000 dollars, pour un budget total de 3,4 milliards de dollars englouti avant avril, selon Fortune (mai 2026). Le directeur des opérations d'Uber a lui-même reconnu que la consommation de tokens ne se traduisait pas forcément par 25 % de fonctionnalités supplémentaires pour les utilisateurs.

Le cas le plus extrême cité par Axios (mai 2026) est celui d'une entreprise anonyme qui aurait dépensé 500 millions de dollars en un seul mois sur Claude Code, faute d'avoir mis en place des limites de consommation.

Le paradoxe du coût par token

Le prix unitaire des tokens a pourtant chuté de 98 % depuis 2024. Le problème vient du volume : les workflows dits « agentiques », où l'IA enchaîne des tâches de façon autonome, multiplient la consommation par 5 à 30 par rapport à un usage classique, selon AI2Work (mai 2026). Plus l'adoption progresse, plus la facture grimpe de façon non linéaire — et les équipes financières peinent à anticiper ces dépassements.

Ce que ça change pour les entreprises françaises

Les PME françaises sont particulièrement exposées : sans équipe FinOps dédiée pour surveiller et plafonner la consommation de tokens, un dérapage budgétaire peut passer inaperçu jusqu'à la facture de fin de mois. Les grands groupes, eux, disposent au moins de la surface financière pour absorber le choc.

La dynamique pousse également à regarder vers des alternatives européennes. Si Mistral propose un modèle souverain, la structure de prix par token reste structurellement identique à celle d'Anthropic ou d'OpenAI. La vraie question que se posent désormais les directions financières : combien de lignes de code générées par IA justifient réellement le ticket d'entrée ?