OpenAI contre Tesla : la course aux robots humanoïdes est lancée

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 14:59
La division robotique d'OpenAI vise d'abord les secteurs du bâtiment et des infrastructures, avant de s'attaquer au marché des robots personnels. La division robotique d'OpenAI vise d'abord les secteurs du bâtiment et des infrastructures, avant de s'attaquer au marché des robots personnels.. Source: Source : IA

OpenAI a annoncé le 31 mai 2026 la création d'une division robotique dédiée — un signal fort que l'IA générative ne se limitera plus aux écrans. La division est dirigée par Aditya Ramesh, déjà à la tête du programme de simulation du monde réel chez OpenAI. L'objectif : donner une forme physique à l'intelligence artificielle, capable d'agir dans des environnements réels, pas seulement numériques.

Ce n'est pas une première tentative : OpenAI avait déjà fermé une unité robotique en 2021, jugeant les algorithmes de l'époque trop limités. Le retour en 2026 s'appuie sur des architectures de réseaux de neurones bien plus puissantes, et sur une conviction que le moment est enfin venu.

Deux phases, deux ambitions

La stratégie s'articule en deux temps. À court terme, OpenAI Robotics cible les robots d'assistance pour les travailleurs qualifiés — notamment dans le bâtiment et les infrastructures, des secteurs en manque de main-d'œuvre où les conditions changent trop vite pour les bras industriels classiques. L'idée : des robots capables de s'adapter en temps réel au chantier, grâce à des modèles d'IA entraînés à gérer l'imprévu.

À long terme, la vision est plus radicale : des robots personnels pour tous, capables d'effectuer une large gamme de tâches domestiques. C'est un défi direct lancé à Tesla et à son Optimus, mais aussi à des start-ups comme Figure AI, qui a rompu son partenariat avec OpenAI en février 2025 pour développer sa propre IA propriétaire.

La méthode qui change tout

Ce qui distingue l'approche d'OpenAI, c'est le refus du développement séquentiel. Traditionnellement, on conçoit d'abord le matériel, puis on y intègre le logiciel. Ici, les composants physiques et les algorithmes d'apprentissage automatique sont co-conçus dès le départ — pour éviter que les contraintes mécaniques ne brident les capacités de l'IA. OpenAI recrute activement des ingénieurs matériel, architectes système et spécialistes en machine learning (les candidatures sont acceptées à robotics-recruiting@openai.com).

Tesla en face, avec une longueur d'avance

Tesla n'attend pas. Son robot Optimus vise une production de 5 000 à 10 000 unités en 2025, réservées à un usage interne, avant de passer à un million d'unités par an d'ici fin 2026, selon Optimus Progress Updates. Le coût de production à grande échelle est estimé à moins de 20 000 dollars l'unité — une ambition industrielle sans équivalent à ce stade.

OpenAI, de son côté, n'a dévoilé ni partenaire fabricant, ni calendrier de production concret. La démission en mars 2026 de Caitlin Kalinowski, responsable matériel d'OpenAI, pour des raisons liées à un contrat avec le Pentagone, soulève en outre des questions de gouvernance qui ne facilitent pas la mise en confiance. La vision des robots personnels reste séduisante — mais pour l'instant, elle reste une vision. Morgan Stanley projette un marché mondial de l'humanoïde à 5 000 milliards de dollars d'ici 2050 ; reste à savoir qui sera en position d'en profiter.