Éolien offshore : la Chine contrôle désormais 56 % de la capacité mondiale

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 15:27
Éolien offshore : la Chine contrôle désormais 56 % de la capacité mondiale

La Chine contrôle désormais plus de la moitié de l'éolien offshore mondial, et l'écart avec l'Europe ne cesse de se creuser. Fin 2025, la capacité installée mondiale atteignait 92,5 GW — dont 52 GW rien que pour la Chine, selon les données satellite du Centre aérospatial allemand DLR. Pour les consommateurs européens, cela soulève une question concrète : qui fabrique les turbines qui alimentent demain le réseau électrique ?

La domination par les chiffres

En 2025, la Chine a ajouté 7,2 GW de nouvelles capacités offshore, soit 78 % des 9,3 GW installés dans le monde cette année-là — une progression de 16 % par rapport à 2024. C'est la huitième année consécutive que Pékin occupe la première place des installations annuelles, selon le Conseil mondial de l'éolien (GWEC). Le Royaume-Uni reste deuxième avec 15 GW (19 % du total mondial), mais sa part s'érode à mesure que la Chine a triplé sa capacité depuis 2021.

L'avantage chinois tient d'abord aux prix. D'après les données IRENA 2024 citées par Dialogue Earth, une installation offshore coûte environ 1 520 dollars le kilowatt en Chine, contre 3 389 dollars en Europe — soit plus du double. Cet écart s'explique par le contrôle des chaînes d'approvisionnement : la quasi-totalité des composants clés, dont les aimants permanents, est fabriquée en Chine.

La France, absente du classement

La France ne figure pas dans le top des capacités offshore mondiales — avec moins de 2 GW installés, elle reste très en retrait. Les projets en cours, comme ceux au large de Dunkerque ou en Provence, subissent de plein fouet le différentiel de coûts : les obligations de contenu local imposées aux appels d'offres renchérissent les installations face à des fabricants chinois bien moins chers. EDF et Engie doivent composer avec des fournisseurs européens — Vestas, Siemens Gamesa — dont les tarifs restent deux fois supérieurs à ceux de leurs concurrents de Pékin.

L'Union européenne affiche 21 GW de capacité totale, loin de son objectif de 300 GW d'ici 2050 fixé lors du sommet de la mer du Nord. La France, très dépendante du nucléaire pour sa production d'électricité, n'a pas encore de stratégie offshore à la hauteur de ses ambitions de décarbonation.

Un choix difficile

Le Royaume-Uni a répondu à ces tensions en bloquant les turbines du fabricant chinois Mingyang au printemps 2026, invoquant des risques pour la sécurité nationale liés à l'accès aux données des capteurs installés dans des infrastructures critiques. L'Allemagne, de son côté, a annulé un projet après avoir accordé un contrat à Mingyang, sous la pression du ministère fédéral de l'Économie.

Pour la France, le dilemme est le même : accepter des équipements chinois moins coûteux pour accélérer la transition énergétique, ou protéger les filières industrielles européennes au prix d'une facture plus élevée pour les consommateurs.