SpaceX lance Starfall : une capsule de retour orbital qui change la donne

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 14:58
La capsule Starfall. Illustration : Federal Aviation Administration (FAA) La capsule Starfall. Illustration : Federal Aviation Administration (FAA). Source: Source : SpaceX

SpaceX a lancé le 23 juin 2026 sa capsule Starfall depuis Cap Canaveral, à bord d'un Falcon 9 dont le premier étage en était à son 29ᵉ vol. C'est la première démonstration d'un appareil de retour orbital en forme de disque conçu pour ramener des marchandises produites en microgravité. Avec une capacité de 1 000 kg, Starfall représente un bond d'échelle considérable face aux solutions existantes — et repositionne SpaceX comme acteur dominant d'un marché en pleine construction.

Le concept

La capsule mesure 3,1 mètres de diamètre pour seulement 75 cm de hauteur, et pèse 2 100 kg à vide. Elle ne possède pas de propulsion propre : c'est l'étage supérieur du Falcon 9 qui assure la mise en orbite et le freinage. Une fois séparée, la capsule utilise un système à azote comprimé pour s'orienter, puis des parachutes pour l'amerrissage final dans le Pacifique, à environ 1 300 km des côtes californiennes. Le bouclier thermique en fibre de carbone protège la cargaison lors de la rentrée atmosphérique.

La mission démo prévoit un trajet d'un tour et demi autour de la Terre avant le retour. L'Agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a approuvé deux vols de test ; les suivants pourraient utiliser soit Falcon 9, soit la soute du Starship.

Un marché sans équivalent européen

Starfall vise directement le secteur de la fabrication orbitale : production de cristaux, de médicaments ou de matériaux impossibles à obtenir en apesanteur terrestre. Son principal concurrent identifié dans les dossiers FAA est Varda Space Industries, entreprise californienne qui a réalisé six missions avec ses capsules W-series — des appareils environ trente fois moins capacitaires, selon SpaceNews. Le paradoxe : Varda paie SpaceX pour chaque lancement, et se retrouve désormais face à son propre fournisseur comme concurrent direct.

Du côté européen, aucun équivalent de retour cargo n'apparaît dans les documents réglementaires américains. Arianespace et ArianeGroup restent dépendants de Falcon 9 pour leurs missions en covoiturage orbital. La startup allemande ATMOS Space Cargo, qui a effectué un premier vol de sa capsule PHOENIX en 2025 sur un rideshare SpaceX, est à ce stade la seule entreprise européenne nommément citée comme concurrente — et elle aussi dépend des lanceurs américains.

La capsule Starfall. Illustration : Federal Aviation Administration (FAA)
La capsule Starfall. Illustration : Federal Aviation Administration (FAA)

Quelle suite ?

SpaceX n'a pas encore annoncé de calendrier commercial ni de client pour cette mission inaugurale. L'accès au service Starfall pour des acteurs français dépendra des contrats conclus après la réussite des démonstrations FAA. La capsule est par ailleurs conçue pour être compatible avec le Starship, ce qui laisse entrevoir un déploiement à grande échelle : plusieurs dizaines de capsules lancées simultanément, chacune revenant indépendamment avec sa cargaison.

Le lancement de Starfall confirme que SpaceX ne se contente plus de transporter des charges utiles pour ses clients — il entend désormais contrôler l'ensemble de la chaîne logistique orbitale, du décollage au retour sur Terre.