Meta veut concurrencer AWS et Google Cloud avec ses propres services d'IA

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 02:26
Meta veut concurrencer AWS et Google Cloud avec ses propres services d'IA

Meta s'apprête à commercialiser la puissance de calcul accumulée pour ses propres systèmes d'intelligence artificielle. Selon Bloomberg, le groupe prépare un service cloud baptisé Meta Compute pour vendre ses capacités excédentaires à des entreprises extérieures. Le secteur cloud mondial pèse plusieurs centaines de milliards de dollars par an — et Meta entend en prendre sa part.

La division

Meta Compute a été créée en janvier 2026 pour gérer le développement des centres de données et l'infrastructure IA du groupe. Deux offres sont envisagées : l'accès aux modèles IA maison (comme Muse Spark) hébergés sur l'infrastructure Meta, et la location de capacité GPU brute pour que d'autres entreprises entraînent ou déploient leurs propres systèmes d'IA. C'est le même schéma qu'Amazon avec AWS : monétiser une infrastructure bâtie pour ses propres besoins. Mark Zuckerberg avait évoqué ces ambitions cloud lors de l'assemblée des actionnaires en mai 2026, à mesure que la demande d'accès aux ressources Meta s'accélérait.

L'investissement derrière ce projet est massif : Meta a annoncé 600 milliards de dollars d'investissements dans l'infrastructure américaine d'ici 2028, avec une enveloppe de dépenses d'équipement estimée entre 115 et 135 milliards de dollars pour la seule année 2026.

Les enjeux pour le marché français

L'entrée de Meta sur ce marché menace directement les acteurs établis. AWS, Azure et Google Cloud dominent aujourd'hui le secteur, mais ce sont aussi des fournisseurs comme CoreWeave et Nebius — qui vendent des GPU à Meta elle-même — qui voient leur modèle fragilisé. Selon TechCrunch, leurs cours boursiers ont chuté de 10 à 12 % à l'annonce de la nouvelle.

En France, des acteurs comme OVHcloud, spécialiste du cloud souverain, ou Mistral AI pour les modèles hébergés, entrent potentiellement en concurrence directe avec Meta. Or aucune de ces entreprises n'a annoncé de réponse à ce stade.

La question de la souveraineté des données reste entière : Meta n'a pas précisé où seront stockées les données d'inférence de ses clients — en France, en Europe ou aux États-Unis. La CNIL n'a pas encore pris position. Aucune date de disponibilité ni aucun tarif n'ont été communiqués pour le marché européen.

Et après ?

Meta intègre déjà ses fonctionnalités IA dans Facebook, Instagram, WhatsApp et l'application Meta AI. Le groupe travaille aussi sur des agents IA pour automatiser des tâches personnelles et professionnelles, et sur l'intégration de nouveaux modèles dans ses lunettes connectées. Meta Compute s'inscrit dans une logique plus large : transformer une infrastructure colossale en source de revenus autonome, indépendante de la publicité.