Assassin's Creed Black Flag Resynced encensé par la critique, 51 développeurs de Ubisoft Barcelona licenciés

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 18:20
Assassin's Creed Black Flag Resynced encensé par la critique, 51 développeurs de Ubisoft Barcelona licenciés

Ubisoft Barcelona vient de co-développer l'un des remakes les mieux notés de l'année — et 51 de ses employés apprennent leur licenciement dans la foulée. Assassin's Creed Black Flag Resynced, sorti le 9 juillet 2026, obtient 84 sur Metacritic (selon Forbes), devant AC Shadows (81). Ces 51 postes représentent 28 % de l'effectif du studio. La décision, prise bien avant le lancement, ne dépend ni des notes ni des ventes.

La restructuration en cours

L'information a été révélée par l'insider Tom Henderson et confirmée par Insider Gaming. Les salariés concernés travaillaient en grande majorité sur Black Flag Resynced. Selon un employé anonyme du studio, les signaux d'alerte remontent à l'été 2025 : Ubisoft Barcelona n'avait alors reçu aucun nouveau projet, contrairement à l'usage habituel au sein du groupe.

Ces suppressions de postes s'inscrivent dans une vague plus large. Il y a un mois à peine, Ubisoft fermait ses bureaux de Winnipeg et Belgrade, pour un total d'environ 380 emplois supprimés au deuxième trimestre 2026. L'objectif affiché du groupe est de réduire ses coûts de 200 millions d'euros supplémentaires. Depuis 2022, Ubisoft a déjà réduit ses effectifs de 1 700 personnes, malgré des revenus nets record.

Le studio barcelonais recentré sur Rainbow Six

Barcelona devrait rester ouvert, mais pivoter exclusivement vers la franchise Rainbow Six, selon Game Developer. Le travail sur Assassin's Creed, The Crew et Ghost Recon s'arrête. Ce recentrage correspond à la logique de la filiale Vantage Studios — adossée à Tencent — qui regroupe désormais les franchises phares AC, Far Cry et Rainbow Six. Les équipes support absorbent les coupes pendant que les IP sont protégées.

La mobilisation syndicale est réelle. La Confederación General del Trabajo (CGT) organise une grève du 30 juin au 16 juillet 2026, avec deux revendications principales : un moratoire de cinq ans sur les licenciements collectifs et la pérennité du mandat du studio. Cette dynamique fait écho aux actions menées en France début 2026, quand le STJV et plusieurs syndicats (CGT, CFE-CGC) avaient appelé à une grève internationale les 10 et 12 février, dénonçant des consultations des comités d'entreprise bâclées avant les annonces de suppressions de postes au siège parisien.

Un employé anonyme du studio a résumé la situation à Insider Gaming : « Ce n'est pas un cas isolé, c'est un schéma — un manque de respect persistant envers les travailleurs, une culture managériale de plus en plus autoritaire où les gens n'ont pratiquement aucun mot à dire sur les décisions qui affectent leur travail. »