Samsung : la division mobile perd de l'argent pendant que les puces font des records
Samsung a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026 : son chiffre d'affaires consolidé atteint un niveau record de 171 500 milliards de wons (environ 119 milliards de dollars), en hausse de 28 % par rapport au trimestre précédent. Mais derrière ce chiffre flatteur se cache une anomalie : la division mobile MX, qui fabrique les Galaxy S, les Galaxy A et les appareils portables, a enregistré une perte opérationnelle de 700 milliards de wons (~487 millions de dollars) — une première dans son histoire depuis 2011, selon le communiqué officiel Samsung.
La puce qui mange le téléphone
Le paradoxe est saisissant. La division semiconducteurs DS de Samsung a dégagé 89 200 milliards de wons de bénéfice opérationnel ce trimestre, portée par une envolée des prix mémoire : +58 à 63 % pour la DRAM, +70 à 75 % pour la NAND sur un seul trimestre, selon Bloomberg. Les hyperscaleurs de l'IA — Microsoft, Google, Amazon — signent des contrats pluriannuels qui accaparent 40 à 50 % des capacités de production mémoire disponibles.
Le problème pour la branche mobile : Samsung DS facture ses puces à Samsung MX aux prix du marché, pas à prix coûtant. La division téléphones absorbe donc la totalité de la hausse, exactement comme un constructeur externe, sans bénéficier d'un quelconque avantage interne. Résultat : même de bons chiffres de ventes ne suffisent pas à compenser l'explosion des coûts de fabrication.
En France, le Galaxy S26 se vend — mais ralentit
En France, le Galaxy S26 est disponible depuis début mars 2026 chez Fnac, Amazon.fr et Boulanger, avec un tarif maintenu au même niveau que le Galaxy S25 Ultra. Cette stratégie de stabilité tarifaire a porté ses fruits en Europe : les ventes cumulées des six premières semaines ont progressé de 15 % par rapport au S25, selon Counterpoint Research. Mais la dynamique s'est ensuite essoufflée, la sensibilité aux prix ayant freiné les achats.
À l'inverse, en Chine et au Japon, où Samsung avait relevé son tarif de départ d'environ 100 dollars par rapport à la génération précédente, des marques locales comme Xiaomi et OPPO ont capté une partie de la demande.
Ce que ça change pour les consommateurs
À court terme, rien de dramatique côté prix en Europe : Samsung a fait le choix de ne pas répercuter la hausse des composants sur les étiquettes. Mais si la pénurie de mémoire persiste — les analystes n'anticipent pas de détente avant 2027-2028 — la pression sur les marges mobiles risque de durer. IDC prévoit par ailleurs un recul de 12,9 % du marché mondial des smartphones en 2026, ce qui laisse peu de marge de manœuvre à l'ensemble de l'industrie Android.