Sony confirme la fin des disques PlayStation dès 2028, sans marche arrière

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 20:43
Sony confirme la fin des disques PlayStation dès 2028, sans marche arrière

Sony vient de confirmer officiellement ce que beaucoup redoutaient : à partir de janvier 2028, aucun nouveau jeu PlayStation ne sera édité sur disque physique. La directrice financière Lin Tao l'a annoncé lors d'une réunion avec des investisseurs, mettant fin aux espoirs de ceux qui espéraient un revirement. À la clé, c'est tout le marché de l'occasion qui se retrouve menacé.

La déclaration officielle

Lin Tao a reconnu que Sony avait reçu des « opinions catégoriques » de la part de la communauté des joueurs, mais elle a été claire : la décision ne sera pas annulée. L'argument avancé est celui de la « digitalisation du contenu » — un mouvement qui, selon elle, dépasse le seul secteur des jeux vidéo et concerne l'ensemble des produits Sony.

> « Nous avons beaucoup réfléchi, longuement discuté, et nous en sommes arrivés à cette décision. Nous comprenons les émotions en jeu et souhaitons en tenir compte dans notre future écosystème numérique. »

En clair : Sony entend les joueurs, mais ne changera pas de cap.

Ce qui change concrètement

À partir de janvier 2028, les nouveaux jeux seront disponibles uniquement via le PlayStation Store ou via des boîtes retail contenant un code de téléchargement plutôt qu'un disque. Les titres déjà sortis avant cette date ne sont pas concernés.

Pour les joueurs habitués à acheter leurs jeux d'occasion chez des revendeurs ou sur des plateformes comme eBay.fr ou Vinted, l'impact sera direct. Le marché mondial de la revente de jeux vidéo est estimé à 7 milliards de dollars selon CNBC, et la France y représente une part significative. Fnac et Boulanger, qui réalisent une partie de leurs ventes gaming sur les supports physiques, devront adapter leurs rayons.

Aucun recours réglementaire en vue

On pourrait espérer qu'une instance européenne intervienne pour protéger les consommateurs. Mais le commissaire européen à la protection des consommateurs, Michael McGrath, a été explicite : les entreprises sont libres de mettre fin à un format physique, du moment que les droits des consommateurs restent garantis. Selon EU regulatory inaction, aucun levier juridique solide ne permet aujourd'hui de contraindre Sony à maintenir l'édition disque. Ni la CNIL ni l'ARCEP n'ont pris position sur le sujet.

La question du droit à la revente — un droit ancré dans la tradition consumériste française — reste entière, mais sans réponse réglementaire à court terme. Pour l'instant, Sony avance, et le marché physique du jeu vidéo se prépare à une mutation forcée.