Xiaomi prépare un flagship secret avec sa prochaine puce Xuanjie
Xiaomi intensifie sa stratégie d'indépendance vis-à-vis de Qualcomm : le fondateur Lei Jun a confirmé l'arrivée d'une nouvelle génération de puce Xuanjie (aussi connue sous le nom Xring) depuis un smartphone encore sans nom. Cet appareil mystère sera vraisemblablement le premier à embarquer la prochaine puce maison, attendue entre le deuxième et le troisième trimestre 2026. Une annonce officielle est prévue prochainement.
L'investissement
Les chiffres derrière cette ambition sont concrets. Sur le seul deuxième trimestre 2026, Xiaomi a consacré 9,2 milliards de yuans (environ 1,15 milliard d'euros) à la recherche et au développement, soit une hausse de 18,9 % par rapport à l'année précédente. Sur l'ensemble du premier semestre, la facture monte à 18,2 milliards de yuans. Selon Reuters/Yahoo Finance, le groupe prévoit d'investir 200 milliards de yuans sur cinq ans, avec l'ambition déclarée de contrôler entièrement ses composants clés.
Derrière ce programme se trouve une équipe dédiée de 2 500 ingénieurs, pour un investissement cumulé de 13,5 milliards de yuans dans le projet Xuanjie, selon Gizmochina. Xiaomi est aujourd'hui la quatrième entreprise au monde à développer ses propres puces pour smartphones haut de gamme, derrière Apple, Samsung et Huawei.
La puce O1 comme preuve de concept
La première puce de cette génération, la Xuanjie O1, n'est pas qu'un coup de communication. Le président de Xiaomi, Lu Weibing, a confirmé que les livraisons ont dépassé le million d'unités réparties sur trois appareils : le Xiaomi 15S Pro, le Pad 7 Ultra et le 7S Pro. TechNode a rapporté cette annonce lors d'une réunion investisseurs fin avril. La puce est gravée en 3 nm (procédé N3E de TSMC) — une limite imposée en partie par les restrictions américaines sur les exportations de technologie de pointe vers la Chine, qui empêchent l'accès au nœud 2 nm qu'utilisent déjà Apple ou Qualcomm.
Ce que ça change en pratique
Le Xiaomi 15S Pro n'a jamais été commercialisé en France, et la série Xiaomi 17 continue de s'appuyer sur des puces Snapdragon à l'international. Le déploiement de la Xuanjie reste pour l'instant limité à l'Asie. Mais si Xiaomi globalise sa prochaine génération — la O2 ou O3, dont le lancement est attendu d'ici fin 2026 selon Pandaily — les revendeurs français comme la Fnac, Amazon.fr ou Boulanger pourraient proposer des appareils entièrement conçus en interne par Xiaomi, du processeur au système d'exploitation. Une intégration verticale comparable à celle d'Apple, mais à un positionnement tarifaire différent.
En attendant, Lei Jun a promis une présentation officielle du prochain appareil dans les prochaines semaines. La dépendance à Qualcomm ne disparaîtra pas du jour au lendemain, mais Xiaomi construit patiemment les bases pour s'en affranchir.