Star Wars: Zero Company cartonne, mais son studio est au bord du gouffre
Star Wars: Zero Company est sorti le 27 août 2026 avec une note Metacritic de 86, la meilleure obtenue par un jeu Star Wars depuis plus de deux décennies, et s'est immédiatement hissé en tête des ventes sur Steam. Pourtant, le studio derrière ce succès, Bit Reactor, traversait une crise financière sévère bien avant que les premières critiques ne tombent.
La mise à pied silencieuse
Selon Game File, le journaliste Stephen Totilo rapporte que Bit Reactor a mis en congé sans solde environ 80 % de ses employés quelques semaines avant la sortie du jeu, les caisses du studio étant pratiquement vides. Seule une équipe réduite a été conservée pour corriger les bugs post-lancement. EA et Lucasfilm Games n'ont pas ordonné ces mesures : la décision a été prise en interne par la direction du studio. Bit Reactor — fondé par des vétérans de Firaxis Games et Respawn Entertainment — espère que les bonnes ventes permettront de rappeler les équipes, mais les salariés mis à pied restent sceptiques sur leurs chances de retour.
Ce type de situation illustre une fragilité structurelle : les studios financés de façon externe absorbent les crises de trésorerie que les éditeurs parviennent à éviter. Tant que les revenus de ventes ne rentrent pas, le studio porte seul le risque, même quand le jeu est prêt à sortir.
Un procès en toile de fond
La situation est compliquée par un conflit interne. En juillet 2024, la cofondatrice Alison Kelly a poursuivi en justice le directeur Greg Foertsch devant le tribunal du comté de Baltimore, l'accusant d'avoir violé son contrat et de l'avoir poussée à quitter son poste de directrice des opérations. Elle réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts. Foertsch a déposé une contre-plainte. Le procès, initialement prévu en juin 2026, a été repoussé à début 2027, selon Tech Insider.
Et maintenant ?
Le paradoxe est frappant : Zero Company a décroché les meilleures critiques d'un jeu Star Wars depuis KOTOR en 2003, s'est imposé numéro un sur Steam, et le studio qui l'a créé ne sait pas encore s'il pourra rappeler ses équipes. Les revenus de ventes pourraient changer la donne, mais les délais de reversement dans l'industrie vidéoludique signifient que l'argent n'arrive pas du jour au lendemain. En attendant, la majorité des développeurs qui ont fait Zero Company regardent de loin le succès de leur propre jeu.