« Iron Man » en réalité : l’armée de Terre teste des exosquelettes dopés à l’IA
L’innovation technologique franchit une nouvelle étape au sein des forces armées françaises. À Bourges, les unités de maintenance expérimentent des armures de nouvelle génération pour alléger le fardeau des soldats et optimiser la logistique sur le terrain.
C’est un tournant majeur pour le « soldat augmenté ». Sous l’égide des Écoles militaires de Bourges (EMB), la Brigade de maintenance a lancé une série de tests intensifs portant sur plusieurs modèles d'exosquelettes. Cette initiative, révélée par le portail spécialisé Opex360, mobilise les experts du 8e et du 4e Régiment du matériel (RMAT).
La fin du mal de dos pour les logisticiens?
Dans le secteur de la maintenance, les militaires manipulent quotidiennement des charges lourdes : obus, moteurs de blindés ou plaques de blindage. Pour répondre à cette problématique de pénibilité, l’armée française mise sur deux approches technologiques distinctes:
- L’approche tricolore avec RB3D: L’entreprise française propose les modèles Exoviti et Exoback. Ce sont des systèmes dits « passifs » : sans moteur, ils redistribuent le poids vers le sol grâce à une mécanique de précision, réduisant l'effort musculaire de 10 à 40 %.
- L’offensive high-tech de German Bionic: Le modèle Apogee (Exia) introduit, lui, l’intelligence artificielle. Cet exosquelette actif assiste chaque mouvement grâce à des servomoteurs capables de compenser jusqu'à 30 kg de charge, tout en analysant en temps réel les postures du soldat pour prévenir les blessures.
Une ambition stratégique: préserver le capital humain
Si l'armée américaine avait ouvert la voie il y a dix ans avec les prototypes XOS-2 ou HULC, le coût énergétique avait freiné leur déploiement. Aujourd'hui, la France privilégie l'efficacité opérationnelle.
L’objectif des tests actuels est clair : vérifier la robustesse de ces équipements face aux réalités du terrain — boue, chocs, utilisation prolongée — et leur compatibilité avec le paquetage standard (gilets pare-balles, armement).
« L’idée n’est pas de créer un super-soldat de science-fiction, mais de garantir que nos maintenanciers puissent opérer plus longtemps, avec moins de fatigue et surtout sans séquelles physiques », précise une source proche du dossier.
Vers une généralisation?
Après les essais concluants des modèles canadiens Mawashi par le Battle Lab Terre en 2021, cette nouvelle phase d'expérimentation pourrait ouvrir la voie à une dotation plus large au sein des unités de soutien. À l'heure où les charges portées par les combattants ne cessent de croître, l'exosquelette s'impose non plus comme un gadget, mais comme un allié indispensable du soutien opérationnel.